Texte écrit trois ans avant le film de David Fincher ! Et pour le journal de Captain Cavern, Vertige. Pour un numéro spécial sur Les Stars du crime. Le texte n'est pas au point mais, à ma décharge, c'est ma première tentative de faire l'exégèse d'un fait divers, comme je le referai longtemps après dans L'Enquête infinie ou Infernet.
Le 20 Décembre 1968 à 23h10, David Faraday et Betty Jensen étaient garés près du Lac Hermann, dans les environs de San Francisco, lorsqu’un inconnu sortit de l’ombre et tira sur eux. Le témoin, une femme nommée Stella Borges, condensant dans son seul nom le dernier mot de la « Divine Comédie » et son plus passionné lecteur au XXe siècle, déclara avoir vu la voiture du tueur, une Chevrolet de couleur claire, s’évanouir dans la direction de Benicia avant de découvrir les corps des deux étudiants. Six mois plus tard, autour de minuit, ce furent deux autres teen-agers – Darlene Ferrin et Michael Mageau – qui étaient attaqués dans un parking de Blue Rock Springs.
Selon Mageau, qui survécut à cette attaque, une voiture s’était garée derrière eux autour de minuit pendant quelques minutes avant de quitter brutalement le parking. Michael avait alors demandé à Darlene si elle connaissait son conducteur, un homme petit et épais avec de grosses lunettes, à quoi elle répondit « T’inquiète » (il dit ensuite n’être pas bien sûr si cela signifiait qu’elle le connaissait ou non). La voiture revint cinq minutes plus tard et s’arrêta à nouveau. Une lampe-torche pointé dans leur direction, l’inconnu marcha silencieusement jusqu’au niveau des passagers puis sortit une arme à feu et tira cinq balles à travers la fenêtre. A minuit quarante, il passa un coup de téléphone à la police de Vallejo. Il les informa calmement de son crime et ajouta :
- J’ai aussi tué ces gosses l’année dernière. Salut.
Après quelques semaines, l’Examiner, le Chronicle de San Francisco et le Times-Herald de Vallejo reçurent chacun une lettre se référant aux meurtres. Elles étaient accompagnées du tiers d’un cryptogramme. Les lettres contenaient approximativement les mêmes faits et chacune se refermait sur un symbole connu plus tard comme la signature du Zodiaque.
Celle du Times-Herald allait comme suit : « Cher éditeur, je suis celui qui a tué ces deux teen-agers Noël dernier au Lac Hermann et la fille ce 4 Juillet. Voici une partie d’un cryptogramme. Les deux autres parties ont été envoyées à l’Examiner et au Chronicle. Je veux que vous l’imprimiez sur votre première page Vendredi après-midi. Si vous ne le faites pas, je commencerais un massacre Vendredi soir qui durera toute la semaine. Je vais faire un tour et prendre des gens ou des couples isolés et les tuer jusqu'à que j'ai tué plus d'une douzaine de gens. »
La lettre envoyée au Chronicle ajoutait un élément : « Dans ce cryptogramme est contenu mon identité. » Le cryptogramme en trois parties fut résolu en moins d’une semaine par un professeur d’université et sa femme. Il ne révélait malheureusement pas l’identité du tueur mais énonçait le mobile de ses crimes : une collection d’esclaves pour sa seconde vie.
« J'aime tuer des gens parce que c'est trop drôle. C'est plus drôle que de tuer des animaux sauvages dans la forêt parce que l'homme est l'animal le plus dangereux de tous. Tuer m'excite parfois tellement : c'est mieux que de prendre son pied avec une fille. Le mieux, c'est que quand je mourrais je renaîtrais au paradis et tous ceux que j'ai tué deviendront mes esclaves. Je ne donnerais pas mon nom parce que vous essayeriez de me ralentir ou d'arrêter ma collection d'esclaves pour ma résurrection ebeorietemethhpiti »
L’attaque suivante se produisit le 27 Septembre 1969, sur la berge du lac Berryessa. Cecelia Shepard et Bryan Hartnell étaient en train de pique-niquer tranquillement dans la pénombre quand un homme brun, petit et gros, portant un costume sombre et des lunettes, s’approcha d’eux. Hartnell (qui, comme Mageau, survécut à l’attaque, à la différence de leurs partenaires féminines) raconte qu’il disparut quelques minutes pour revenir, le visage masqué d’une cagoule noire où apparaissait le symbole du Zodiaque. Il avait un pistolet pointé sur eux et enjoignit Cecelia Shepard à enchaîner son ami avant de l’enchaîner à son tour. Puis il sortit un large couteau et leur dit : « Je vais vous blesser. » Les laissant pour mort, il se dirigea ensuite vers la voiture de Bryan Hartnell et inscrivit son symbole et les dates de ses trois attaques sur la porte. Puis il se rendit à une cabine et téléphona à la police locale. D’une voix calme, il dit : « Je veux déclarer un meurtre – non, un double meurtre. » Quand l’opérateur lui demanda de décliner son identité, il répondit calmement : « Je suis l’auteur de ces crimes. »
Deux semaines plus tard, c’est le conducteur de taxi Paul Stine qui était assassiné dans son véhicule. Le tueur découpa ensuite un large morceau de la veste du taxi qu’il imbiba du sang de celui-ci. Lorsqu’ils arrivèrent sur les lieux du crime, les policiers, alors qu’un homme répondant au signalement donné par Hartnell et Mageau marchait tranquillement vers eux, ne firent aucun effort pour l’appréhender, pensant avoir affaire à un coupable afro-américain. Deux jours plus tard, le Chronicle reçut une nouvelle lettre. Au dos de l’enveloppe était dessiné le fameux symbole et la lettre comprenait un morceau du tissu imbibé de sang : « Ici, le Zodiaque. Je suis le meurtrier du taxi la nuit dernière. La police de San Francisco aurait pu m’arrêter s’ils avaient enquêté correctement au lieu de faire des courses avec leurs motos pour voir qui ferait le plus de bruit. Les écoliers sont de chouettes cibles. Je crois que je vais me faire un bus scolaire un de ces matins. »
Un autre courrier était envoyé au Chronicle début Novembre avec un double affranchissement. Il contenait une carte de vœu et un deuxième cryptogramme. La lettre contenait également la première apparition d’une comptabilisation des meurtres ainsi qu’un deuxième morceau de la veste ensanglanté : « Ici, le Zodiaque. Pouvez-vous imprimer ce nouveau cryptogramme sur la première page ? Déc Juil Août Sept Oct = 7. »
Comme on peut le voir, le compte des crimes impliquait deux victimes supplémentaires non-identifiées. Le cryptogramme compris dans cette lettre n’a jamais été décodé. Quelques jours plus tard, le Zodiaque envoya une lettre plus longue contenant les éléments nécessaires pour fabriquer une « machine à tuer » qu’il disait avoir réalisé. Elle était conçue pour détruire des bus. Il ajouta également un commentaire concernant son portrait-robot, réalisé grâce aux indications de Bryan Hartnell et des deux policiers revenus bredouilles : « Je ressemble à la description qui a été faite de moi seulement quand je fais mon truc ; le reste du temps j’ai une autre tête. »
Dans la soirée du 22 Mars 1970, Kathleen Jones conduisait tranquillement avec son enfant quand une voiture commença à klaxonner en allumant ses phares dans sa direction. Son conducteur lui dit qu’une de ses roues était en train de se détacher. Il se gara, et prétendit resserrer les boulons de celle-ci. En réalité, il les enleva, et quand Johns essaya de repartir, la roue se détacha. A nouveau, l’homme offrit son aide, et lui proposa de la conduire vers la station service la plus proche. Mais, à chaque fois qu’ils passaient devant une station, il décrétait invariablement que « ce n’était pas la bonne ». Kathleen Johns, qui commençait à s’inquiéter sérieusement, lui demanda s’il avait l’habitude d’aider les gens de cette pénible manière.
- Quand j’en ai fini avec eux, lui répondit l’homme, ils n’ont plus besoin de mon aide.
Il s’arrêta un instant à un feu rouge, Johns bondit alors de la voiture, son bébé entre les bras, et courut se réfugier dans un champ. Elle vit l’homme, la voiture arrêtée, l’attendant toujours, silencieusement. Au bout d’un moment, il redémarra et Kathleen Johns se rendit en stop à la station de police la plus proche. Elle reconnut le Zodiaque sur un portrait-robot affiché à l’entrée. Quand les officiers remirent la main sur sa voiture, elle avait été entièrement calcinée.
Une nouvelle lettre fut envoyée au Chronicle le 20 Avril. Elle contenait un troisième cryptogramme (qui ne fut pas non plus élucidé) et trois nouvelles victimes étaient ajoutées à sa liste. Et dans une lettre envoyée une semaine plus tard, l’enjeu principal s’était à nouveau déplacé : « Ici, le Zodiaque. J’aimerais voir quelques jolis badges du Zodiaque se balader dans la ville. Tout le monde a des badges avec le symbole de paix, black power. Ca me ferait drôlement plaisir si je voyais pas mal de gens portant mon badge. Merci. Zodiaque = 10. Police = 0 »
Un autre message était envoyé le 26 Juin. Il contenait un nouveau code et une carte de la Baie annotée avec le symbole du Zodiaque, entouré du cercle des heures, au sommet du mont Diablo : « Je suis bien énervé contre les gens de la baie de San Francisco. Ils n’ont pas réalisé mon souhait et ne portent pas de jolis badges avec mon symbole. La carte associée au code vous dira où la bombe est déposée. Vous avez jusqu’à l’Automne pour la déterrer. »
Une note confirmant l’histoire de Kathleen Johns fut envoyé au Chronicle le 24 Juillet : « Je ne suis pas content parce que vous ne portez pas de jolis badges avec mon symbole. Maintenant j’ai une petite liste, qui commence avec cette femme + son bébé à qui j’ai donné une intéressante ballade pendant quelques heures un soir il y a quelques mois de ça. »
Deux jours plus tard, le Zodiaque envoya une nouvelle lettre au Chronicle. Toujours sans préciser à quelles personnes ce chiffre correspondait, le nombre de victimes s’élevait maintenant jusqu’à treize : « Comme vous ne portez pas de jolis badges avec mon symbole, pourquoi ne pas en porter des vilains ? Ou n’importe quel type de badge avec mon symbole auquel vous pouvez penser. Si vous ne portez pas de badges avec mon symbole, je devrais torturer mes treize esclaves qui m’attendent au Paradis. Certains, je les attacherais au-dessus de collines de fourmis et les observerais hurler. D'autres seront placés dans des cages + nourri au bœuf salé jusqu'à plus soif et je les écouterais me demander de l’eau et je leur rirais au nez. D'autres seront pendus par les pouces + brûlés par le soleil. D'autres je les écorcherais vivants + les laisserais courir en hurlant. Oui je m'amuserais bien à infliger les plus délicieuses douleurs à mes esclaves. Zodiaque = 13. Police = 0 »
Après quelques mois, le Zodiaque envoya deux autres cartes au Chronicle. L’une disait : « Le rythme ne ralentit pas ! En fait, c’est juste un gros treize. » L’autre était une carte de Halloween retouchée, contenant deux fois le commentaire « Désolé, pas de cryptogramme » et le message « Pick-a-boo, vous êtes foutus. » Le Chronicle les publia le 31 Octobre, accompagnés d’une lettre anonyme venant de Riverside et qui rapprochait les meurtres du Zodiaque sur la Baie qui commencèrent en 1968, et celui de Cherry Bates deux ans plus tôt, soit en 1966.
Le 22 Mars 1971, le Zodiaque se fendit d’une nouvelle lettre. Affranchie de deux timbres renversées de 6 cents, il choisit étonnamment de l’adresser, non au Chronicle de San Francisco, mais au Times de L.A. : « Si les Blues Meanies(référence aux méchants du « Yellow Submarine » des Beatles, devenu ici une expression péjorative pour flics – l’utilisation d’un élément mythologique associé aux Beatles le rapproche momentanément d’un de ses collègues contemporains, Charles Manson) veulent m’attraper, ils ont intérêt à bouger leurs gros culs + faire quelque chose. Je dois leur accorder le crédit d’avoir découvert mon activité à Riverside, mais ils ne trouvent que les trucs faciles, et y en a un paquet d’autres. Zodiaque = 17 +. Police = 0 »
L’« activité de Riverside » maintenant attribuée au Zodiaque était la suivante : le meurtre d’une jeune fille, Cherry Bates, près du parking de l’annexe de la bibliothèque du collège. Elle avait été poignardée onze fois à l’aide d’un petit couteau. Un mois après le meurtre, deux copies d’une lettre anonyme tapée à la machine avaient été envoyées sans affranchissement à la police et à la presse de Riverside : « Elle était jeune et belle mais maintenant elle est défigurée et morte. Elle n'est pas la première et elle ne sera pas la dernière. Je reste éveillé des nuits entières pensant à ma prochaine victime. Peut-être sera-t-elle la jolie blonde qui fait du babysitting près du petit magasin et descend la sombre allée chaque soir autour de sept heures. Ou peut-être sera-t-elle la brune pulpeuse qui a dit Non quand je l'invitais à sortir avec moi au lycée. Mais peut-être que ce ne sera ni l'une ni l'autre. Mais je découperai ses parties sexuelles et les déposerai pour que toute la ville les voit. Alors ne me facilitez pas la tâche. Planquez vos sœurs, filles, femmes, loin des rues. Mademoiselle Bates était stupide. Elle vint à son massacre comme un agneau. Elle ne se battit pas. Mais moi, si. Ce fut un plaisir. Alors que nous étions déjà loin de la bibliothèque, je lui dis qu'il était temps. Temps pour quoi ? me demanda-t-elle. Je lui dis qu'il était temps qu'elle meurt. Je lui attrapais le cou avec ma main sur sa bouche et mon autre main avec un petit couteau contre sa gorge. Elle vint volontiers. Sa poitrine était chaude et ferme sous mes mains. Mais la seule chose qui me guidait, c'était de la faire payer pour toutes les humiliations qu'elle m'avait fait subir les années précédentes. Elle mourut difficilement. Elle cria et s'agita pendant que je l'étouffai. Elle réussit à sortir un cri et je la frappais sur la tête pour la faire taire. Je plongeais le couteau en elle et il se brisa. Je terminais le travail en découpant sa gorge. Je ne suis pas malade. Je suis fou. Mais cela n'arrêtera pas le jeu. Cette lettre doit être publiée pour que tous puissent la lire. Cela pourrait sauver la fille dans la rue. Attention… Je poignarde vos filles maintenant. »
Parce que le meurtre semblait être un crime passionnel, réalisé par un amoureux éconduit, personne n’avait pensé l’attribuer au tueur de San Francisco auparavant. Pourtant, six mois après la première lettre, le Riverside Press, la police et le père de la victime en recevaient une deuxième, celle-ci écrite au crayon sur du papier brouillon : « Bates devait mourir. Il y en aura d’autres. » Les enveloppes des trois copies portaient chacune deux fois l’affranchissement nécessaire, ce qui allait devenir une des « constantes » du Zodiaque.
Le Zodiaque revint en 1974, avec une série de lettres écrites au Chronicle pendant une période de six mois et envoyées autour de la Baie. Ces quatre lettres sont différentes, et ne contiennent pas l’ouverture habituelle (« Ici, le Zodiaque ») ni le symbole. Elles sont des commentaires sur l’actualité récente : il y fait l’éloge du film L’Exorciste, commente l’enlèvement de Patty Hearst par l’armée symbionaise de libération, se plaint d’une publicité pour le film Badlands de Terence Malik (qui traite de deux jeunes tueurs) et conseille le renvoi de leur journaliste Marco Spinelli. Enfin, quatre ans plus tard, le Chronicle reçut le message suivant : « Cher éditeur, ici, le Zodiaque. Ce porc de Toschi est bon mais je suis plus malin et il devrait en avoir marre et me foutre la paix. J’attends un bon film sur moi. Qui jouera mon rôle ? Je contrôle tout maintenant. Zodiaque = Devine. Police = 0 »
Bien qu’un certain nombre de gens pensent qu’il s’agit du dernier message adressé par le Zodiaque au reste du monde, un consensus s’est établit pour le déclarer apocryphe. Dans une véritable contamination de la fiction sur le réel, il a même été attribué à l’agent responsable de l’enquête, David Toschi, connu pour une mégalomanie et un goût des mystifications qui ne le rendaient pas foncièrement étranger à sa célèbre cible.
Parmi les serial killer célèbres, qui, de Landru à Lucas, ont pointillé le monde de leurs exploits, le Zodiaque a certainement une place à part. Peut-être parce qu’il ne fut jamais démasqué. Peut-être parce que nous ne sommes pas sûrs qu’il s’agisse d’un seul tueur ou de plusieurs revendiquant une même identité ou d’un seul homme revendiquant des crimes commis par plusieurs. De façon plus violente mais plus significative que ne peuvent le faire un courant de mode vestimentaire ou des études de marché, les meurtres en série indiquent une tendance. Et les serial killer sont aussi particuliers que les contextes qu’ils investissent par la puissance symbolique de leurs actes. Charles Manson éprouve la question de l’interprétation en pop music comme Ted Bundy les fins du libéralisme politique ou John Wayne Gacy l’amour des enfants. Le Zodiaque aura, lui, pointé l’éparpillement de l’identité personnelle, et la recherche alchimique d’une combinaison adéquate : déposant des cryptogrammes qui n’ont mené qu’à des impasses, et déplaçant progressivement son plaisir principal du meurtre à la traque qui lui succède, traque devenant infinie, les preuves disparaissant au profit des traces, rumeurs, soupçons, écheveaux symboliques déposés comme autant de rébus indéchiffrables par cet anonyme au portrait-robot si souvent reproduit, à cet homme vu par Mageau, Hartnell et Jones, vu par les policiers eux-mêmes, dont les meurtres certains ne dépassent pas le nombre de cinq bien qu’il s’en attribue plus de dix-sept mais dont l’impact ironique – entièrement redevable à sa manie épistolaire – aura été plus sombre et énigmatique encore.
Un serial killer renverse la direction des flux du monde. De son propre rapport à l’extérieur, de sa quête incessante de victimes, il retire une énergie qu’il renverse consciemment contre lui-même. Traqueur de cibles, il devient lui-même l’objet de la traque, et ce fut pour le Zodiaque l’objet principal de son plaisir que de focaliser la police et la presse sur le trou noir de son identité, l’énigme de son chiffre figuré par ses cryptogrammes, cartes et devinettes. Comme l’écrit Fabrice J. Petitjean : « Quelque chose a changé. On me cherche. Rien n’a bougé, tout est à sa place, et pourtant quelque chose a changé. » Criminel Hypervisible par excellence, mais si visible qu’il se confond soudain avec l’espace et ses crimes avec l’œuvre du temps, le Zodiaque a maintenant avalé la Terre. Zodiaque = Tout. Police = 0.