Le pouvoir des Kshatriyas passe par le contrôle du système nerveux et travaille à l’insu de la conscience réflexive, par spires involutives, jusqu’au point où la responsabilité individuelle ne compte plus pour rien, et doit déclarer forfait. Depuis la parole admonestatoire de Elvis-le-Fakir qui réveilla l’esprit bicaméral de la jeunesse universelle, le rock a toujours tenu sa puissance dévastatrice d’une force, qui – d’une main – libérait les pulsions du suppôt, et de l’autre les contraignait dans une forme impitoyablement déterminée. Comme celle des plus grands groupes de musique hypnotique à travers les âges (13th Floor Elevator, The Stooges, Suicide), l’exceptionnelle puissance d’envoûtement qui se dégage de M.E.T.E.O.R., le premier album de Eon Megahertz, tient en une connaissance profonde des mécanismes de défense du sujet humain et de la façon dont on peut les lever par des électrochocs successifs. Des riffs puissants de garage bands, d’irrésistibles montées de transe, des arrangements chargés d’une matière sonore qui remonte à la surface de l’auditeur et l’engloutit, d’où émerge une voix magnétique de Mahatma possédé, traversée d’échos et de saturations, chantant depuis lerideau troué de la nuit des temps dans l’objectif de préparer ses auditeurs à leur futur adeptat. Qui sont les M.E.T.E.O.R., les Members of the Evil Trance an its Exclusive Organization ? Des scientifiques et des agents secrets qui se réunissent une fois par an et décident de la prochaine manœuvre tactique pour prendre le contrôle de l’Univers. Eon Megahertz n’est que leur instrument : le groupe produisant la musique à partir de laquelle ils étendront leur domination. Et celle-ci a déjà commencé.