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Le Napoléon de toutes les âmes
Paru en 2014

Contexte de parution : Napoléon is not Dead (Le nouvel Attila)

Présentation :

Préface de Napoléon is not Dead, Le marathon de la résurrection,  ouvrage collectif graphique.


Sujet principal : Napoléon
Cité(s) également : plusAbel Gance, François Hollande, François Mitterrand, Friedrich Nietzsche, Georges Pompidou, Henri Guillemin, Honoré de Balzac, Johann Wolfgang von Goethe, Léon Bloy, Manuel Valls, Nicolas Sarkozy, Sacha Guitry, Stanley Kubrick, Valéry Giscard d'Estaing, Victor Hugo




Calculateur, sournois, intéressé, radin, vantard, mal élevé, escroc, ignare, de mauvais goût, cauteleux, sale, menteur, fort avec les faibles et faible avec les forts : tous ceux qui regrettent Napoléon regrettent quelque chose qu’ils n’ont pas perdu. Napoléon c’est l’homme politique moderne, qui prétend être un guerrier, mais n’est qu’un marchand de mort. On a fait un mythe d’un mystificateur, une mystique des tristes fantaisies d’un maniaque. Napoléon ne combat que pour s’enrichir ; et, en effet, riche, il ne l’est jamais assez. Il frappe, terrifie, envahit, ne décolère pas mais ne pense qu’à sa retraite, ses richesses, ses propriétés et ses titres. En dehors du fric, rien ne l’intéresse – à part peut-être un peu la gloire. Napoléon, c’est le bourgeois épais qui triomphe de toute noblesse d’âme. Napoléon, c’est « un type dans le genre de Napoléon ». Napoléon, c’est nous.

Ce « vainqueur de rien de tout » (Henri Guillemin) réussit à imprimer sa légende sur deux siècles. De Friedrich Nietzsche à Stanley Kubrick, en passant par Victor Hugo, Goethe, Balzac, Léon Bloy, Abel Gance ou Sacha Guitry, tous pensent avoir à faire à un surhomme. Ils se représentent Bonaparte comme une espèce de Tête d’Or-Zarathoustra-Antéchrist-Face-de-Dieu-dans-les-Ténèbres alors que ce n’est qu’un tupilak de saloperie : la matrice prophétique de tout ce qui sera pourri dans le Royaume de France. Napoléon, c’est à la fois le cynisme financier de Pompidou, la vantardise queutarde de Giscard, la méchanceté achevée de Mitterrand, les plans maffieux médiocres de Sarkozy, la filouterie bonhomme de Hollande et le pois chiche dans le cerveau de Manuel Valls. Napoléon n’a jamais levé le pouce pour venir en aide à un innocent, mais s’est toujours déculotté devant les puissants et les nantis. Napoléon n’a pensé qu’à lui-même : sa vengeance contre la Corse, sa vengeance contre la France, sa vengeance contre l’Italie, sa vengeance contre le monde. L’âme de Napoléon n’est qu’un pet foireux.

Voici une cinquantaine de dessins pour en finir avec celui que l’Histoire n’aura jamais jugé : cet « excellent communicant » de Napoléon : qui dit ce qu’il ne fait pas et fait ce qu’il ne dit pas. Une cinquantaine de dessins pour en finir avec la mégalomanie, le règne de l’ego, la médiocrité couronnée, la bêtise conquérante. Une cinquantaine de dessins pour en finir avec le Napoléon qui réside en chacun de nous lorsqu’il pose devant le miroir, refait sa mèche en se donnant de l’autorité, exerce son pouvoir avec avidité sur plus petit que lui et réécrit sans cesse sa légende plombée. Une cinquantaine de dessins pour en finir avec le Général que l’on a suscité en nous, l’éternel voleur des énergies guerrières, le Napoléon de toutes les âmes.