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Gébé - Gébécédaire parahistorique
Paru en 2008

Contexte de parution : Les Colonnes de Gébé

Présentation :

Vaste appareil de notes réalisées pour l'édition du volume des Colonnes de Gébé (1993-2003) chez L'Association. J.C. Menu pensait que la plupart des faits et personnages évoquées dans les Colonnes étaient oubliés ou sur le point de l'être. L'idée était d'en proposer une définition rigoureuse mais originale, pas chiante. J'y ai passé facilement plus d'un mois. J'ai alors été aidé de beaucoup de gens, mais surtout et avant tout de Pascal Blondeaux. C'était l'été de l'affaire Siné. Nous sommes devenus amis en parlant réguliètement par téléphone. 






 

 

Ce qui suit est une collection alphabétique de petites entrées à usage d’aide-mémoire pour le lecteur des Colonnes : gébéen survivant à l’après-après-68 dont une partie des événements ou personnages ayant traversé les années 1993 à 2002 se seraient difractés dans un des coins les plus reculés de son cerveau. Sauf indication contraire (toujours, ne vous en faites pas, lourdement appuyée), les citations sont de Gébé.

 

01 (L’An) : Prononcer « An Zéro Un ». Œuvre principale de Gébé (après Une Plume pour Clovis et avant Lettre aux Survivants). Cinq planches publiées dans Politique Hebdo le 8 octobre 1970, suivi d’un feuilleton d’une page dans Charlie Hebdo entre 1971 et 1972, un livre et un film en 1973 et un nouveau livre en 2000. Déraillement auto-organisé. Anarchie douce. Contamination de la réalité par une utopie fonctionnant sur un mode non révolutionnaire – de type tabula rasa – mais viral, par un arrêt progressif et annoncé de tout. Phrases-clés : « On arrête tout, on réfléchit et c’est pas triste. » ; « L’utopie ça réduit à la cuisson, c’est pourquoi il en faut énormément au départ. » « Et si au lieu de faire un pas en avant, comme le demandent les tacticiens de la Société Nouvelle, nous faisons un pas sur le côté ? » L’An 01, c’est la création de conditions suffisantes pour vivre avec une intensité neuve : « D’un côté on nous tend les armes de la production, de l’autre les armes de la révolted’une manière de plus en plus pressante. Un jour proche il faudra choisir. Dépêchons-nous pendant qu’il est encore temps de nous trouver de bonnes raisons de refuser ce choix. Mettons-nous en marche pour couper court à tout. » 

 

AGRIF (Alliance générale contre le racisme et pour le respect de l’identité française et chrétienne) : Mystérieuse organisation procédurière fondée en 1984, développant les notions nébuleuses de « racisme anti-blanc » et de « racisme anti-chrétien ». Si Gébé l’invoque dans ses Colonnes en raison des cinq procès intentés contre Charlie Hebdo, on doit noter également des actions retentissantes contre les films Je vous salue, Marie de Jean-Luc Godard, La Dernière Tentation du Christ de Martin Scorcese et le livre INRI de Bettina Rheims, deux films et un livre de photographies réinterprétant de façon toute personnelle les constituantes fondamentales de la légende chrétienne.

 

Alcatel : Entreprise née en France, qui conçoit et fabrique ces Pelotes de Nerfs Divins en constante prolifération qu’on appelles des équipements de télécommunications. Chiffre d’affaires : 13,1 milliards d’euros. Patron jusqu’au 1er Octobre 2008 : Serge Tchuruk.

 

Alègre (Affaire Patrice) : Le tueur Patrice Alègre est arrêté en septembre 1997. Il reconnaît 5 meurtres et 6 viols, mais est également mis en examen pour 4 autres meurtres. En Haute-Garonne, à l’initiative de l’adjudant Michel Roussel, les gendarmes de la cellule « Homicide 31 », réouvrent son dossier en 2003. Roussel dénombre alors 191 assassinats non élucidés. Le 12 mai 2003, Marianne présente les résultats des investigations de la cellule « Homicide 31 », en particulier de récentes révélations faites par une prostituée. Elle met en cause des policiers toulousains, un gendarme qui serait au courant de leurs agissements ainsi que des parties fines organisées en présence d’au moins deux avocats toulousains et autres notables de la ville. Une semaine plus tard, au journal télévisé de 20h de TF1, Dominique Baudis, ancien maire de Toulouse et alors président du Conseil supérieur de l’audiovisuel, donne à l’affaire un retentissement maximum en révélant publiquement que son nom est cité dans l’enquête, et dénonce une « effarante machination ». 

 

Amiante (Scandale de l’, Jussieu: Les premières maladies professionnelles liées à la structure métallique floquée à l’amiante du campus de l’université de Jussieu sont détectées en automne 1994. En 1996, un rapport de l’INSERM évalue le nombre de décès par cancer dû à l’amiante cette même année à un minimum de 1950 : 750 par mésothéliome et 1200 par cancer broncho-pulmonaire. L’interdiction de l’amiante en France est annoncée par Chirac à compter du 1er janvier 1997. L’humoriste Claude Allègre est le seul, en 1996, à s’opposer à la décision de désamiantage de Jussieu, dans deux sketchs, l’un publié dans Le Figaro « Le refus du risque, voilà l’ennemi », l’autre dans Le Point « Amiante, où est le scandale ? » Selon une enquête réalisée en 2001, le nombre de personnes reconnues en maladie professionnelle liée à l’amiante sur le campus Jussieu est de 110. La majorité d’entre eux ont des plaques pleurales ou des épaississements pleuraux ; 10 ont un cancer : 6 un cancer du poumon, 4, un mésothéliome. Avec 71 procédures venant de toute la France (35 à l’instruction, 23 en enquête préliminaire et 13 en attente d’examen par le parquet), l’amiante est, de loin, le dossier le plus important du pôle de santé publique du tribunal de Paris en 2006.

 

André Breton (vente aux enchères) : Vente aux enchères publique des collections André Breton, à Drouot, en avril 2003. Elle comprend des manuscrits, des livres, des tableaux modernes, des photographies mais aussi des masques de Nouvelle Guinée, des poupées Hopi, des collection de moules à gaufres, de moules à hosties et de bénitiers en céramique, et la cuillère en bois reposant sur un soulier, décrite dans L’Amour Fou. Cette vente est alors le fait de la fille d’André breton, Aube, et de sa petite fille Oona, lasses des différentes promesses ministérielles de participer à la création d’une fondation qui puisse abriter les archives et les œuvres conservées dans l’appartement de la rue Fontaine depuis la mort de l’écrivain. Elle a été dénoncée comme un symbole de l’incurie des pouvoirs publics à pouvoir empêcher la dispersion d’une collection représentant la quintessence du Surréalisme. 

 

Ardisson (Thierry) : présentateur de télévision d’une ducassienne « notable quantité d’importance nulle » que Gébé dessine pour représenter le grotesque de son époque. 

 

Après 68 (L’) : L’An 01 n’aurait pas été possible sans l’« après 68 », et, comme L’An 01, l’ « après 68 » aura duré jusqu’en 1974. « L’après 68 avait remis en cause toute la structure de la société, tout ce qui était établi. On désirait tous un changement profond. Ce désir se fondait, quand même, sur une société riche et prospère. Alors, forcément, ces mouvements de l’après 68 contestaient la richesse, la production industrielle, l’expansion à tout prix, mais s’appuyaient sur l’opulence de cette société-là (…) Aujourd’hui, les gens en sont réduits à rechercher un petit coin où ils auront droit à une cadence infernale afin de gagner leur vie ! » Alors ? Alors, on continue. 

 

Atlanta (Attentat à l’ouverture des jeux olympiques d’) : En 1996, une bombe remplie de clous explose sur la place principale de la ville, tuant une femme et blessant plus de cent personnes. L’auteur, Eric Rudolph, était accessoirement un militant anti-avortement. Il a été condamné à une peine de prison à perpétuité aux Etats-Unis pour l’ensemble de son œuvre. 

 

Autissier (Isabelle) : Navigatrice française, première femme à avoir accompli un tour du monde en compétition. 

 

Bakhtiar (Shapour, assassinat de) : Dissident emprisonné sous le règne du Shah puis premier ministre d’un gouvernement civil en 1978, Bakhtiar a quitté l’Iran en 1979 et s’est exilé en France. Le 7 août 1991, Bakhtiar est tué par trois assassins à son domicile. Un des assassins a ensuite été arrêté en Suisse et extradé en France. Pendant son procès en 1994, il a admis avoir été envoyé par le gouvernement iranien. 

 

Balladur (Édouard) : Homme politique français au visage de poire, doté d’un rare handicap mental et d’un remarquable manque de talent à l’oral, surtout connu pour son rôle de premier ministre lors de la seconde cohabitation, du 29 mars 1993 au 11 mai 1995. Le pacte d’origine semble avoir été qu’il prenne le rôle de premier ministre pendant que son ami de trente ans, un type nommé Chirac, préparerait l’élection présidentielle de 1995. Coup de théâtre qui amusa provisoirement la galerie, Édouard Balladur décida cependant de se présenter face à Chirac à l’élection présidentielle, soutenu par l’UDF ainsi que par les membres les plus fantaisistes du RPR, parmi lesquels Nicolas Sarkozy et Charles Pasqua. Malgré le soutien retentissant de Philippe Sollers (dans une tribune dans L’Express du 12 janvier 1995 nommée « Balladur Tel Quel » où il vante les goûts littéraires de l’ex-premier ministre), il est ejecté dès le premier tour. C’est au cours de son discours au soir des résultats qu’il prononce, sous les huées qui suivent la mention de Chirac, sa phrase la plus fameuse (répétée deux fois, et la deuxième fois, légèrement accentuée sur la dernière syllabe) : « Je vous demande de vous arrêter. » 

 

Barbie (Poupée) : Poupée de 28 centimètres créée en 1959 représentant initialement un mannequin d’une vingtaine d’années. Commercialisée par Mattel, cette poupée est à la base d’un marché estimé à un milliard de dollars en 2000. Elle donne l’expression française une « poupée Barbie ». Une « poupée Barbie » est une fille un peu stupide, coquette et dépensière, ressemblant à une caricature américaine (équivalent outre-atlantique : « Miss America »). 

 

Barrot (Jacques) : homme politique français. Il a présidé le groupe de l’Union du centre entre 1988 et 1993. Soutenant activement Jacques Chirac en 2002 à l’élection présidentielle, il participe à la création de l’UMP dont il a présidé le groupe parlementaire de 2002 à 2004.

 

Bassaïev (Chamil) : Commandant d’un groupe d’indépendantistes tchétchènes wahhabites. Organisateur revendiqué des prises d’otages de civils à Boudionnovsk et à Beslan, considéré par les autorités russes comme le « terroriste numéro un ». Il est également accusé par ces dernières d’avoir orchestré des attentats à Moscou et à Volgodonsk. À l’élection présidentielle tchétchène de janvier 1997, il obtient 23 % des voix face à Aslan Maskhadov, qui les remporte avec 59 %. À partir du 7 août 1999, il fait une intrusion armée dans le Dhagestan voisin de la Tchétchénie avec son allié Habib Abd Ar-Rahman Khattab en vue d’y instaurer une république islamique. Bassaïev a été tué dans l’explosion d’un camion piégé en Ingouchie, dans la nuit du 9 au 10 juillet 2006. Contrairement aux autres chefs séparatistes tués, son cadavre n’a pas été montré à la télévision.

 

Bébéar (Claude) : homme d’affaires français. En 1985, il crée AXA qui, de fusions en fusions, finit par devenir premier groupe français d’assurance. En 1999, il prend le contrôle de la treizième société d’assurance-vie japonaise, la Nippon Dantaï. En mai 2000, il confie les rênes de la Présidence du Directoire d’AXA à Henri de Castries et devient Président du Conseil de Surveillance d’AXA. Il crée avec Alain Mérieux et Henri Lachmann l’Institut Montaigne, qu’il préside. Il est également membre du comité de soutien de l’Institut Turgot, un think tank libéral. Mis en examen avec Henri de Castries le 13 juin 2001 pour « blanchiment de capitaux aggravé » dans l’affaire Paneurolife. Claude Bébéar est également administrateur de BNP Paribas et de Schneider Electric, et membre du conseil de surveillance de Vivendi Universal.

 

Bibliothèque d’Orange : En juin 1995, les élections municipales sont remportées par Jacques Bompard, du Front National. Celui-ci prend le contrôle de la politique d’acquisition et, sous couvert d’un rééquilibrage des collections, fait de la bibliothèque un instrument de diffusion de littérature d’extrême droite. 

 

Blair (Tony, alias « Blair le Clown ») : Fossoyeur de la gauche anglaise au déplaisant sourire, surtout connu pour son rôle de premier ministre britannique à partir du 1er mai 1997 et celui, plus mystérieux, pointé avec humour par Nelson Mandela, de ministre des affaires étrangères américains à partir du 11 septembre 2001. Après son élection en 1997, son chancelier Gordon Brown donne à la Banque d’Angleterre son indépendance, avec la maîtrise du taux d’intérêt, et le gouvernement suit durant ses deux premières années les plans de dépenses prévu par les conservateurs, rassurant ainsi les financiers : « La gestion de l’économie n’est ni de gauche ni de droite, déclare Blair en mars 1998, elle est bonne ou mauvaise. » (ce qui veut dire, en langage poétique de politicien, que l’économie de droite est la seule bonne). Après les évènements du 11 septembre 2001, il suit la diplomatie américaine en remuant frénétiquement la queue et en s’oubliant parfois dans des lieux stratégiques, ce qui le gratifie de l’affectueux surnom de « caniche de Bush »« Après le 11 Septembre, se remémorera Bush junior dans un émouvant discours, l’Amérique n’avait pas de plus vrais amis que la Grande-Bretagne. » Un point important de l’argumentaire juridique pour la guerre en Irak est le refus de Saddam Hussein de se conformer aux clauses du cessez-le feu de 1991 et aux résolutions ultérieures des Nations unies qui lui font obligation de mettre fin de manière vérifiable à ses programmes d’armes de destruction massive. Après le sac de l’Irak et la mort d’un million de civils, ces armes hypothétiques, base répétée de l’invasion, n’ont, à ce jour, toujours pas été retrouvées. 

 

Bonnet (Bernard, préfet, alias « Maudit Préfet ») : nommé préfet de Corse le 9 février 1998 par Jean-Pierre Chevènement, trois jours après l’assassinat de son prédécesseur, Claude Érignac. Sa mission : coûte que coûte, « rétablir l’État de droit ». Pour complaire à ce grandiose projet, il fait incendier deux paillotes, « Chez Francis » et « Aria Marina », construites illégalement sur le domaine public. Condamné le 15 janvier 2003 à trois ans de prison, dont un an ferme, il a bénéficié d’une mesure de libération conditionnelle.

 

Bouffer : « Bouffer est le moteur de l’économie. »

 

Boutin (Christine) : Député des Yvelines depuis 1986, consultante au Conseil pontifical du Vatican pour la famille depuis 1995 et fantastique catéchumène pleurnicharde, elle dirige le forum des républicains sociaux. Parmi les statuts, il faut noter celui de « Respecter la dignité de toute personne humaine, de sa conception à sa mort naturelle, avec la préoccupation prioritaire du plus faible ». Le plus faible voulant (en fait) dire l’enfant non-né, l’avortement devient, sous l’amusante plume de Boutin, un geste « eugéniste et inhumain ». En 1998, elle est la chef de file de la droite parlementaire dans le débat sur le PACS, et déclare le 3 novembre lors du débat à l’assemblée nationale : « Qu’est-ce que l’homosexualité, sinon l’impossibilité d’un être à pouvoir atteindre l’autre dans sa différence sexuelle ? (…) Toutes ces acrobaties biologiques et sociales pour justifier l’accession d’un couple homosexuel à la paternité ou la maternité me semblent relever d’un fantasme narcissique d’auto-engendrement. » Christine Boutin n’a pas encore été introduite dans la collection encyclopédique des Fous Littéraires de langue française, commencée par Raymond Queneau et complétée par André Blavier : cette dernière phrase prouve, si besoin était, qu’elle y a pourtant toute sa place. 

 

Brasillach (Robert) : Rédacteur en chef de Je suis partout de 1937 à 1943, pro-nazi par préférence sexuelle pour les jeunes gens blonds et musclés, il est exécuté pour intelligence avec l’ennemi en 1945. 

 

Broussard (commissaire Robert) : Képi fameux pour l’arrestation de Jacques Mesrine en 1973. Après l’évasion de ce dernier, il organise l’opération qui conduit à la mort de l’« ennemi public n°1 » le 2 novembre 1979 à la Porte de Clignancourt. Robert Broussard devient directeur central des polices urbaines de 1986 à 1992, puis chargé de mission pour la lutte contre l’usage et le trafic de stupéfiants. En 1992, il prend la direction du service central de la lutte contre l’immigration. 

 

Bug de l’an 2000 (Le) : Variante moderne du millénarisme, le bug de l’an 2000 repose sur un ensemble de problèmes de programmation liés au format de la date dans les mémoires des ordinateurs. Les deux chiffres 19 absents de nombreux programmes ou bases de données, au passage de 99 à 100, en réalité 00, de nombreux dysfonctionnements devaient se produire dans ces traitements, 00 correspondant à l’année 1900 au lieu de 2000 : on annonçait même des chutes d’avion et des pannes d’ascenseur. Selon les analystes du Garnet Group, entre 300 et 600 milliards de dollars ont été dépensés pour traiter le problème (l’auteur de ces lignes, comme beaucoup de crétins alarmistes, a également, le jour du 31 décembre 1999, frénétiquement tout sauvegardé sur des CD, arrivant très en retard à la fête du réveillon). Et finalement ? Finalement, il ne s’est rien passé.

 

Calvet (Jacques) : Aux commandes du groupe PSA Peugeot Citroën de 1982 à 1997, il se positionne comme défenseur de l’automobile française (c’est-à-dire la sienne) et lutte contre l’ouverture des frontières européennes aux voitures japonaises, à la monnaie unique et aux dévaluations compétitives en Europe. Si « bouffer est le moteur de l’économie », fric est le moteur de la politique. 

 

Carrefour (Groupe): Groupe français du secteur de la grande distribution, deuxième mondial derrière l’américain Wal-Mart. Créé en 1959 à Annecy, il est présent en Europe, en Amérique du Sud et en Asie, ainsi que dans d’autres zones du monde sous forme de partenariat local. Pionnier du concept d’hypermarché en 1963, il est également présent dans d’autres formats de la grande distribution, essentiellement les supermarchés. Le groupe exploite d’autres enseignes, aussi bien internationales comme Champion et Dia, que locales telles GSSupermarchés GBNorteShopi ou 8 à Huit. En 1999, l’entreprise a fusionné avec le groupe français Promodès, l’un de ses principaux concurrents, et est ainsi devenu le n°1 européen de la grande distribution. Le Groupe Carrefour a publié en 2007 un chiffre d’affaires de 82,1 milliards d’euros HT et 102,4 milliards TTC. Il emploie plus de 490000 salariés et est le premier employeur privé de France et le dixième mondial. Carrefour a la réputation d’être extrêmement dur avec ses fournisseurs : pour obtenir les prix les plus bas, les achats sont regroupés au sein de centrale d’achat, où des acheteurs aguerris ont de multiples techniques pour faire baisser les prix de la part de leur fournisseurs. Le Groupe est également reconnu comme un employeur dur sur les conditions de travail de ses employés : en ce qui concerne les horaires, tels que le temps partiel des caissières, ou bien les résultats demandés aux chefs de rayons. En outre, il a été reproché au groupe une surveillance parfois proche de l’espionnage de ses employés, et de s’en servir comme motif de licenciement. En juin 2007, le groupe a été condamné par le tribunal d’Évry à 2 millions d’euros d’amende pour publicités mensongères, reventes à pertes et pour contrats de marges arrières jugés imprécis. Le groupe a fait appel de cette décision en mettant en avant la « pression amicale » du gouvernement sur les prix. Le 20 décembre 2007, le conseil de la concurrence français a infligé une amende de 27,4 millions d’euros aux Hypermarchés Carrefour pour entente sur les prix des jouets. Sept autres sociétés ont également été punies. Le groupe a fait appel. Leur slogan le plus célèbre est : « Carrefour – Je positive. » Gébé lui préfère : « Je boycotte. »

 

« Cent Minutes Pour Convaincre » : émission de télévision diffusée en direct sur France 2 de septembre 2001 à juin 2005 et animée par Olivier Mazerolle, Alain Duhamel et quelques autres professionnels de la farine verbale. Ceux-ci recevaient une personnalité politique chargée d’exposer ses idées sur les grands thèmes choisis par l’équipe rédactionnelle. Elle occasionnait un conséquent dosage de paroles en l’air et de grosses idées bien bâclées, parfois dotées d’un certain humour involontaire. L’émission a été légèrement modifiée lors de quelques éditions en Cent minutes pour comprendre, notamment à l’occasion de la guerre en Irak en 2003.

 

Charles de Gaulle (Porte-avions) : unique porte-avions de la Marine nationale française actuellement en service, achevé en mai 1994, il est également le premier navire de surface à propulsion nucléaire français. Le 28 février 2000, l’essai d’un réacteur nucléaire provoque la combustion d’éléments isolants et l’émission d’une épaisse fumée. Le 16 septembre 2001, la presse française rapporte que des niveaux de radioactivité largement anormaux ont été mesurés à bord du Charles-de-Gaulle. 

 

« Chasse, Pêche, Nature, Tradition » : Parti créé en septembre 1989. Son objet est de défendre soi-disant un certain nombre de valeurs traditionnelles de la France rurale mais, en fait, essentiellement la chasse. Son fondateur est Jean Saint-Josse, son président actuel : Frédéric Nihous.

 

Chevènement (Jean-Pierre) : Célèbre ministre démissionnaire sous Mauroy et Rocard, ce petit homme à l’allure napoléonienne et la voix haut perchée fait partie de la gauche républicaine souverainiste et sécuritaire. Ministre de l’intérieur dans le gouvernement Jospin, il se transforme en chasseur infatigable d’immigrés clandestins et de sans-papiers. Le 2 septembre 1998, alors qu’il est opéré de calculs à la vésicule biliaire à l’hôpital d’instruction des armées du Val-de-Grâce, il est victime d’un grave accident d’anesthésie dû à une allergie au produit utilisé : plongé dans le coma pendant 8 jours, il ne sort de l’hôpital que le 22 octobre. Sa guérison sera qualifiée dans la presse de « miracle ». Ses partisans n’aimant pas les connotations équivoques de ce terme, Georges Sarre corrigera (rappelant, en outre, l’origine surnaturelle de notre régime politique) : « Un miracle, oui, mais un miracle républicain. »

 

Chirac (Jacques) : Sa carrière de cow-boy extrême-orientophile anormalement sympathique étant trop longue pour nous occuper ici, contentons-nous de la reprendre lors de la victoire de la droite en 1993. Alors, Chirac laisse un gros poussah superflu devenir premier ministre dans le but de préparer la présidentielle. Après l’épisode dit de la « trahison », il entame une campagne centrée sur le thème de la « fracture sociale ». Il rétame alors son concurrent et se paye un débat de second tour très calme avec Jospin, qui lui permet de devenir président en 1995. Dès juillet 1995, une de ses toutes premières décisions lors de sa présidence est d’effectuer une ultime campagne d’essais nucléaires avant la signature du TICE. En 2002, pour gagner les élections, il forme un nouveau parti, l’U.M.P., dont les nouveaux éléments, futurs protagonistes de la « droite décomplexée » développent massivement – plutôt que de reprendre celui de la « fracture sociale » – un nouveau « thème » de style maffieux : le « thème de l’insécurité », très largement relayé et diffusé par les médias qui multiplient le temps d’audience sur le sujet de la violence urbaine et repris par ce pauvre Jospin, battu néanmoins le 21 avril, dès le premier tour. À partir de son mandat suivant, probablement préoccupé par sa pré-retraite et plongé – nous le lui souhaitons – dans des anthologies de poésie chinoise, il n’empêche pas la montée d’une maladie faite homme, un homme dont je ne veux pas me souvenir, qui réussira à briguer les élections suivantes. 

 

Choc Pétrolier (Premier) : Selon Gébé, la coupure dans notre Histoire récente fut moins entre les années 70 (utopiques) et les années 80 (réalistes) qu’entre l’ « après 68 » et le premier choc pétrolier, qui permit un renouvellement inattendu du discours de l’autorité – catastrophiste et tendre – et rendit obsolète les slogans encore dynamiques de la rébellion. « Ne travaillez jamais », le mot d’ordre situationniste, ne pouvait plus parler à des chômeurs que sous la forme du cauchemar ou du mauvais sort (« Vous ne travaillerez jamais ») : « (C’est le) premier choc pétrolier qui a fragilisé la société et tout le monde s’est mis à avoir peur… Le chômage est apparu (…) Alors l’espoir et les rêves de changement se sont effrités. On a introduit (et je ne dis pas que c’était concerté !) un autre esprit, une autre philosophie sociale, comme ça, sans que personne n’y prenne garde. » Le caractère « programmé » du choc pétrolier est un soupçon latent dans bon nombre d’interventions de Gébé, notamment lorsqu’il fait dire au spectre de Pompidou dans Les Colonnes « Ils contestaient la société de consommation, je leur ai foutu les chocs pétroliers dans la gueule. » 

 

Chocolat (nouvelle législation européenne sur le) : À partir de 2000, au nom de la libre circulation des marchandises, les industriels européens bénéficient d’une nouvelle législation du Parlement européen leur permettant d’ajouter des matières grasses végétales autres que le beurre de cacao à hauteur de 5% du poids total du produit. Seuls les industriels français, regroupés au sein de Alliance 7, sont satisfaits par cette décision, estimant être enfin concurrentiels face aux industriels européens qui pratiquent déjà l’ajout de MGV. Dans une Colonne nommée Chocolat dégueulasse, Gébé dessine les mangeurs de ce nouveau chocolat gras. 

 

Chômage : conséquence apparente du premier choc pétrolier, mais aussi renouvellement du capitalisme et changement dans le discours de l’autorité : « À ceux qui sapaient la Société, la Société montre ses lézardes, sa fragilité, sa précarité, sa dépendance, et dit : « Je vais m’effondrer sur vous, vous ensevelir. Faisons la trêve ! Etat d’urgence ! Consolidons l’édifice. Reportons la lutte à plus tard. » (…) D’intrépide, d’aventureux, le Pays devient peureux, frileux, inquiet pour tout : l’essence, le sucre, l’emploi, la sécurité, l’avenir, l’épargne, les petites cuillères en argent. Le banquier qui s’apprêtait à rejoindre une communauté en Ardèche, revend ses chèvres et achète du cigare, valeur refuge. Les étudiants roulent leurs banderoles. Les travailleurs épluchent les petites annonces. » À l’instar des chocs pétroliers, le soupçon d’un caractère programmé du chômage apparaît dans Les Colonnes ; et le spectre de Pompidou de dire : « De mon temps, ils maudissaient métro boulot dodo. Je leur ai foutu le chômage dans la gueule. » Dans Les Colonnes encoreGébé maudit le travail et la lutte contre le chômage chez les hommes de gauche comme de droite (Chirac, Balladur, Séguin, Pasqua, Rocard ou Tapie). Gébé attend la fin du projet du plein-emploi, l’achèvement de l’ère du travail, le temps du partage des dividendes et de l’Esprit : « Fin du travail : la vie commence. »

 

Clinton (Bill) : 42e président des États-Unis d’Amérique et premier président appartenant à la génération de l’après-guerre. Dès le début de la campagne électorale de 1992, des rumeurs courent sur ses liaisons extraconjugales, qui explosent quand est rendu public l’enregistrement d’une conversation téléphonique avec Monica Lewinsky où celle-ci révèle qu’elle a sucé l’auguste président alors qu’elle était stagiaire à la Maison-Blanche. Clinton nie cette relation, alors qu’il témoigne sous serment, ce qui permet au Congrès d’entamer un impeachment sur une accusation de parjure et d’obstruction de l’instruction. Son argument est curieux et mériterait une analyse : La relation sexuelle étant, selon Clinton, la relation entre une partie de son corps propre et un organe sexuel appartenant à autrui, le président affirme que Monica Lewinsky a bien eu une relation sexuelle avec lui, mais que lui n’en a pas eu avec elle, n’ayant eu de relation qu’avec l’orifice buccal de sa stagiaire. Chirac apportera son soutien à Clinton lors de l’affaire Lewinsky ; et les deux présidents deviendront très amis à partir de ce moment là. La particulière crétinerie de son successeur fait apparaître Clinton rétrospectivement sympathique, mais il ne faut pas trop se fier à l’auteur de Ma vie. Derrière ses faux airs de Kennedy en plastique, Clinton fera intervenir les forces armées des Etats-Unis à de nombreuses reprises durant ses deux mandats, de 1993 à 2001 ; en particulier, plusieurs raids seront effectués sur l’Irak en punition des violations des sanctions imposées par l’ONU après la Guerre du Golfe, affaiblissant sans commune mesure le pays. Il est également responsable de l’intervention de l’OTAN au Kosovo dans les guerres de l’ex-Yougoslavie, qui bombardera la région du 23 mars au 10 juin 1999, pendant lesquels de nombreux bâtiments non militaires et des civils furent bombardés. Clinton était et est toujours favorable à la peine de mort, à l’interdiction de laisser les adolescents traîner dans la rue, aux uniformes dans les écoles ; et il intensifia la lutte contre la drogue. Sous sa présidence, le parti démocrate devint un parti de centre-droit, la gauche américaine étant alors représentée par Ralph Nader. L’intervention de l’OTAN au Kosovo est un des points de désaccord majeur entre les collaborateurs du second Charlie Hebdo, allant de pair avec la question des interventions des Etats-Unis sur la scène internationale.

 

Cogema (compagnie générale des matières nucléaires, précédente appellation de Areva NC jusqu’au 1er mars 2006) : Créée en 1976, la Cogema est une entreprise française, spécialisée dans les activités liées au cycle de l’uranium en tant que combustible nucléaire : exploitation de mines, production et enrichissement du combustible, traitement et recyclage des combustibles usés et assainissement et démantèlement d’installations. Elle est présente en France et à l’international, sur les cinq continents, dans plus de 30 pays. 

 

Connard sur le toit (Le) Adaptation chiraquienne proposée par Gébé d’Un violon sur le toit, comédie musicale créée à Broadway en 1964 par Joseph Stein, qui l’a adaptée d’une nouvelle de Cholem Aleichem, avec des musiques de Jerry Bock et des paroles de Sheldon Harnick. Elle a tenu 3243 représentations et a reçu neuf Tony Awards en 1965. Par la suite, elle a été reprise de nombreuses fois dans le monde entier, puis adaptée au cinéma en 1971.Depuis janvier 2004, elle est à nouveau jouée à Broadway. Un des thèmes du Violon sur le ToitMatchmaker, a été repris, avec un bonheur inégalé, par les Residents en 1999. 

 

Croft (Lara, personnage virtuel) : Personnage de fiction apparu pour la première fois en 1996 avec la sortie du premier épisode de la série des jeux vidéo Tomb Raider, Lara Croft, archéologue et aventurière, est la première héroïne de jeux vidéo à apparaître dans des magazines de mode. Lara Croft est un des symptômes de l’érotisation de la violence chez les personnages féminins. 

 

Daguestan (Guerre du) : Le 22 décembre 1997, près d’un an après la signature du traité de Khassaviourt concluant la Première Guerre de Tchétchénie, le Régiment islamique et un groupe de rebelles daguestanais attaquent une base de l’armée russe à Bouïnaksk à proximité de la Tchétchénie, brûlant près de 300 véhicules et tuant un nombre indéterminé de soldats. Chamil Bassaïev et Habib Abd Ar-Rahman Khattab créent en 1998 la Brigade islamique internationale du maintien de la paix. En août et septembre 1999 les opérations militaires de cette organisation au Daguestan mènent à la Seconde guerre de Tchétchénie. Dans une Colonne, Gébé dessine Eltsine et Bassaïev expliquant chacun leurs motivations : Gloire et Dollars pour Eltsine, Allah et Mafia pour Bassaïev. 

 

DAL (Association Droit au Logement) Association française de loi 1901 créée en 1990 dans le but de permettre aux populations les plus fragilisées (mal logés et sans-logis) d’avoir accès à un logement décent, en exerçant leur droit au logement. Devant des situations qu’elle juge dramatique, l’association tente de faire pression sur les autorités en place, de droite ou de gauche, et a souvent recours à des actions telles qu’occupations de logements vides, manifestations, campements ou actions judiciaires. Elle demande l’application scrupuleuse de la loi, dite loi Besson, du 31 mai 1990, pour « le relogement des plus défavorisés », notamment en matière de réquisition d’immeubles et logements vacants appartenant aux collectivités locales, à des administrations, à l’état, à des banques, à des compagnies d’assurance, à de gros propriétaires, à des professionnels de l’immobilier. 

 

Dassault (Serge, alias « Nuisible de Père en Fils ») : Fils de Marcel Dassault et héritier de Dassault aviation, président depuis 2004 de Socpresse, groupe publiant Le Figaro. Phrase-clé : « J’espère que vous allez cesser de former des journalistes de gauche. » (Serge Dassault, à des responsables du Centre de Formation des journalistes). Maire de Corbeil-Essonnes depuis 1995, il baisse les subventions culturelles de 50%, touchant de plein fouet des organisations telles que le théâtre de Campagnol. Parmi les arguments de M. Dassault, le plus grotesque est probablement que les deux-tiers des spectateurs des pièces jouées au théâtre n’étaient pas des habitants de la ville. 

 

Decoin (Didier) : Écrivain français sans intérêt ayant adapté les Misérables à la télévision pour TF1 en assouplissant outrageusement dans un sens droitier les positions politiques exprimées par Victor Hugo : « Même si Victor Hugo prend fait et cause pour les insurgés, je suis entré dans le jeu hypothétique risqué en me disant que si Hugo vivant de nos jours, il relativiserait son engagement… » dit Decoin dans une interview à Télérama.

 

Decourtray (Monseigneur Albert) : cardinal de l’Église catholique romaine et académicien français. Successivement prêtre du diocèse de Lille, professeur, évêque auxiliaire de Dijon, évêque de Dijon de 1974 à 1981, archevêque de Lyon et primat des Gaules de 1981 à 1994, président de la Conférence épiscopale française de 1987 à 1990 et membre des conseils pontificaux pour le dialogue interreligieux et avec les non-croyants. Le cardinal Decourtray est élu à l’Académie française le 1er juillet 1993. Après sa disparition, il a été remplacé, le 15 juin 1995, par le cardinal Lustiger.

 

Delors (Jacques, alias « Le Pouvoir sans imagination », grands travaux européens) : technocrate de sensibilité catholique s’étant épanoui dans les activités captivantes du Commissariat au Plan. Un des initiateurs du tournant de la rigueur initiée par le gouvernement Mauroy. Président de la commission européenne, il met en branle de grands travaux (600 milliards de francs pour des autoroutes et des tunnels) qui énerveront considérablement Gébé : « Pour combattre la misère : Le Béton ! Pour rendre Maastricht humaine : Le Béton ! En quoi sera fait le volet social ? En Béton ! Va-t-on faire l’Europe Delors-Bouygues ? »

 

Deuxième tour (élections de 2002) : Manœuvre chiraquienne reposant sur le transfert dans le cadre politique du « thème de l’insécurité » par ses jeunes éléments de l’UMP, riff relayé massivement par les médias et même repris par Jospin. Le candidat du PS est évacué dès le premier tour, laissant à ce vieux briscard de Chirac la possibilité d’atteindre un score digne d’un président de république bananière. « Qui eut cru que le nom Chirac deviendrait synonyme de Sacrée vieille branche, Fil de la vie, Prise de la dernière chance, Planche de salut et Canot de sauvetage, Dernier barbeau, Cactus de la mort, Tiens bon le pinceau et Sainte merde, priez pour nous ? »

 

Disneyland (Parc) : Situé à Marne-la-Vallée et ouvert depuis le 12 avril 1992, avec une estimation de 12 millions de visiteurs en 2007, il s’agit du parc à thèmes le plus visité en Europe et le 5e à l’échelle mondiale. Le château, symbole du parc, est, comme pour celui de son modèle américain, celui de la Belle au bois dormant. Il est à noter que les autorités ont prévu de le transformer en Mederland en 2063. Le château de la Belle au bois dormant sera remplacé par un gigantesque asile psychiatrique et les jardins seront remplis de merde et de vomi. 

 

Dubost (Monseigneur, Michel Marie Jacques) : Fils de général d’artillerie, nommé évêque aux armées françaises le 9 août 1989, il est consacré le 8 septembre de la même année à Paris. Le 15 avril 2000, Jean-Paul II le nomme évêque d’Évry Corbeil-Essonnes en remplacement de Monseigneur Guy Herbulot. En 2007, cette charmante soutane a fait appel à la justice pour demander l’évacuation des sans-papiers qui occupaient depuis plusieurs mois l’église Saint-Paul à Massy. 

 

Enron : Une des plus grandes entreprises américaines par sa capitalisation boursière jusqu’en 2001. Outre ses activités propres dans le gaz naturel, cette société texane avait monté un système de courtage par lequel elle achetait et revendait de l’électricité, notamment au réseau des distributeurs de courant de l’État de Californie. En décembre 2001, elle fit faillite en raison des pertes occasionnées par ses opérations spéculatives sur le marché de l’électricité ; elles avaient été masquées en bénéfices via des manipulations comptables. Si fric est le moteur de la politique, enfarinement est la méthode objectivement la plus prisée pour parvenir à ses fins dans ce domaine. 

 

Érignac (Affaire du préfet) : Symbole de la négligence merveilleuse de la police et de la justice. Le préfet de Corse Claude Érignac est assassiné à Ajaccio le 6 février 1998. A partir de cette date jusqu’en mai 1999, les piétinements se succèdent jusqu’à l’arrestation de Maranelli, Alessandri, Istria et Ferrandi, qui désigneront Yvan Colonna comme le tueur du préfet. On apprendra par la suite que, dès le 16 novembre 1998, le préfet Bonnet avait fait parvenir au procureur de la République Jean-Pierre Dintilhac une note relevant l’implication de Ferrandi dans l’assassinat. Elle était suivie de deux autres le 10 décembre et le 8 février 1999. Ces notes auraient été négligées par Roger Marion, le directeur de la DNAT, à cause des relations exécrables qu’entretenaient les deux hommes. Ce n’est qu’après l’arrestation de « Maudit Préfet » le 3 mai à la suite de l’« affaire des paillotes » que Roger Marion explore cette piste pour ne pas être accusé d’avoir négligé certaines informations. 

 

Erika (Naufrage de l’) : L’Erika, un pétrolier maltais affrété par la société Total-Fina-Elf fait naufrage le 12 décembre 1999 au large de la Bretagne, lors d’un transport de 37 000 tonnes de fuel lourd en provenance de Dunkerque et à destination de Livourne. Les côtes françaises, du Finistère à la Charente-Maritime, sont alors souillés sur 400 km. Le nombre d’oiseaux morts est estimé entre 150 000 et 300 000. Le poids des déchets est estimé à 250 000 tonnes. La cargaison officielle est du fioul lourd n°2 dans lequel on retrouve des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP), réputés cancérigènes. En estimant une teneur en HAP de 0,05 % sur 20 000 tonnes de fioul à la mer, ce sont 10 tonnes de produits cancérigènes qui se seraient retrouvés dans l’océan. Quelques jours après le scandale du naufrage de l’Erika, le ministre de l’écologie Dominique Voynet déclare alors, dans une volonté de rassurer la population, que « ce n’est pas la catastrophe du siècle ».

 

Euro (Passage à l’, monnaie) : troisième étape de l’instauration économique et monétaire de l’Union européenne selon le traité de Maastricht (1992). La première, achevée le 31 décembre 1993, libéralise la circulation des capitaux, la seconde, à partir du 1er janvier 1994, instaure une coordination renforcée des politiques économiques, la troisième étape étant celle de la création de la monnaie unique, le 1er janvier 1999 et de l’établissement d’une Banque centrale européenne. Conséquence : augmentation effarante du prix d’à peu près tout. « Rien de drôle que l’on puisse s’acheter avec une monnaie triste ; rien de beau à s’offrir avec des billets laids ; rien de bon à manger avec des euros fades. »

 

Exocet (Affaire des missiles envoyés à l’Iran) : Le 23 mars 1995, L’Express publie l’information selon laquelle le gouvernement français aurait fourni des missiles à Téhéran avec l’aide des autorités algériennes, en novembre 1994, trois semaines avant le procès, à Paris, des assassins de Shapour Bakhtiar, ancien ministre du Shah. Paris dément avec force mais confirme, en revanche, avoir livré des missiles Exocet à Chypre. C’est le préfet Jean-Charles Marchiani, homme de main de Charles Pasqua, qui aurait mené à bien l’opération. Charles Pasqua parle alors de campagne de dénigrement. 

 

Ferry (Luc) : piètre penseur et ancien professeur de français. Ministre de l’éducation nationale en France sous le gouvernement de Jean-Pierre Raffarin entre 2002 et 2004. Co-auteur en 1985 avec Alain Renaut de La Pensée 68, un pamphlet contre les grands philosophes français de son époque (Deleuze, Derrida, Foucault, Lacan, etc.), et leurs inspirations maudites (Nietzsche, Heidegger) tous accusés en bloc de privilégier l’anti-humanisme et de saper les fondements de la démocratie

 

Final Fantasy : Série de jeux vidéo de rôle initiée par Hironobu Sakaguchi en 1987 au Japon sur la console NES avec le jeu Final Fantasy I. Depuis, la licence évolue en parallèle avec chaque génération de console de salon, quelquefois adaptée sur d’autres plate-formes comme l’ordinateur ou les téléphones portables et se diversifie dans les domaines du film en images de synthèse et de l’animation. Dans Les Colonnes, Gébé imagine également l’actualité en images de synthèse type Final Fantasy : massacre en Corse, massacre d’oiseaux, massacre de platanes, tunnel du Mont-Blanc. 

 

France 2 (« agence de sécurité ») : Le 1er décembre 1995, alors que, depuis, une semaine, les transports publics (SNCF et RATP) sont paralysés par une grève des agents de conduite qui protestent contre le plan Juppé et que, par ailleurs, un conflit universitaire dure depuis huit semaines, France 2 consacre deux heures d’antenne à un débat pour tenter de répondre à la question : Pourquoi ça bloque ? Cette soirée, animée par Daniel Bilalian et Benoît Duquesne, regroupe alors des interventions de Jacques Barrot, Claude Bébéar, Marc Blondel, Nicole Borvo, Jean-Claude Delarue, Jean-Paul Fitousi, Bernard Kouchner, Pierre Lellouche, Gilles de Robien – mais aussi des étudiants, des cheminots, des postiers. Pour Gébé, cette émission, bien malgré elle, réussit à remettre en scène la lutte des classes comme la mauvaise foi cauteleuse des hommes de pouvoir. 

 

Gates (Bill) : Informaticien fortuné (59 milliards de dollars). A fondé, à vingt ans, en 1975, la société de logiciels Micro-Soft, puis acheté le système d’exploitations QDOS pour en faire MS-DOS, puis a conçu Windows, l’a mis en bourse en 1986 et est devenu le jour même milliardaire. 

 

Grégory (Affaire) : serpent de mer des affaires judiciaires françaises. Dans la soirée du 16 octobre 1984, le corps de Grégory Villemin, âgé de quatre ans, est découvert dans la Vologne. Phrases-clés : « Ce n’est pas ton argent qui pourra te redonner ton fils. Voilà ma vengeance, pauvre con. » (lettre anonyme adressée à Jean-Marie Villemin) ; « Sublime, forcément sublime » (Marguerite Duras, au sujet de Christine Villemin, qu’elle croit coupable par hallucination personnelle dans une sorte de poème publié dans Libération). L’enquête sera l’occasion de nombreuses joyeusetés : violations du secret de l’instruction et de la vie privée ; parti pris de la presse ; manque de précautions des enquêteurs dans la collecte des indices ; indécision des magistrats ; rivalité exacerbée entre la Gendarmerie et le SRPJ ; inexpérience du juge d’instruction. Le meurtrier n’a jamais pu être identifié. Dans Les Colonnes, Gébé explique la non-résolution temporaire de l’enquête par la nature des techniques d’investigation de la gendarmerie, dites de piétinement. 

 

Guigou (Elisabeth) : Garde des Sceaux « et des ciseaux », puis ministre des Affaires sociales dans le Gouvernement Jospin, elle est responsable de plusieurs lois relatives à la protection des mineurs qui se distinguent mal de la censure ainsi qu’une loi liée à la présomption d’innocence que Gébé stigmatise dans sa Colonne du 14 juin 2000. « Gébé commentait la loi Guigou du 15 juin 2000 sur « la protection de la présomption d’innocence et les droits des victimes », nous précise Bernard Joubert. Cette loi créait entre autres plusieurs nouveaux délits de presse venant s’ajouter à la loi de 1881 (intitulée « Sur la liberté de la presse », et qui énumère les cas où la presse n’est pas libre), concernant notamment « la reproduction des circonstances d’un crime ou d’un délit, lorsque cette reproduction porte gravement atteinte à la dignité d’une victime » et les images de personnes arrêtées par la police entravées ou menottées. (On continue de menotter les suspects, mais les menottes sont maintenant floutées dans les médias.) » 

 

Haberer (Jean-Yves) : inspecteur des finances, président du Crédit Lyonnais en 1988-1993 dont il est tenu responsable de la retentissante faillite et enfin du Crédit National en 1993-1994. « Célèbre banqueroutier, fameux crétin » La technique de Haberer : multiplier les acquisitions bancaires hasardeuses, laisser ses filiales la bride sur le cou et gonfler son portefeuille de participations industrielles. À partir de novembre 1993, le Crédit Lyonnais ne cesse pas de défrayer la chronique entre la faillite proprement dite, l’affaire Adidas avec Bernard Tapie et l’affaire « Executive Life », absorbant quelque 15 milliards d’euros d’aides de l’Etat. Jean-Yves Haberer est condamné le 23 février 2005 par la cour d’appel de Paris à dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des comptes frauduleux de la banque. Il a été reconnu coupable de présentation de comptes inexacts, de diffusion de fausses informations ou de nature trompeuse, ainsi que de distribution de dividendes fictifs. Dans Les Colonnes, Gébé lui dédie une chanson : « Haberer-Aberration-Ruine ta mère-Nique la nation »

 

Hypermarché : Commerce de détail de grande taille (surface commerciale minimale de 2500 m² en France), vendant à la fois de mauvais produits alimentaires et non alimentaires. L’hypermarché est un prolongement sur grande échelle des supermarchés, nés dans les années 1930 aux États-Unis, et implantés en Europe continentale dans les années 1950. Au-delà de la taille de la surface de vente et de largeur de l’assortiment proposé, l’apparition de l’hypermarché remet aussi au premier plan les prix bas, prônés par Edouard Leclerc depuis 1949 mais boudés par les premiers supermarchés. Au 1erjanvier 2006, 1372 hypermarchés sont présents en France métropolitaine. 

 

Ievoli Sun (bateau) : chimiquier affrété par l’armateur napolitain Luigi Ievoli, le Ievoli Sun a fait naufrage le 31 octobre 2000 à neuf milles des Casquets, avec une cargaison de 4000 tonnes de styrène, 1000 tonnes de trichlorosilane et 1000 tonnes d’alcool isopropylique. 

 

Il faut sauver le soldat Ryan : film pas bien intéressant de Steven Spielberg, sorti en 1998, dans l’objectif implicite de rappeler aux français que les Américains ont perdu des soldats pour sauver leur pays, et que chaque vie compte. 

 

Incendie du tunnel du Mont-Blanc : incendie crée le 24 mars 1999 par un camion frigorifique belge transportant de la margarine et de la farine qui prend feu à environ 7 km de l’entrée française du tunnel. Le violent incendie qui a suivi a causé la mort de 39 personnes et entraîné la fermeture du tunnel pendant une durée d’environ 3 ans. Le procès qui a suivi a établi que les procédures d’urgence ainsi que les mesures de sécurité n’avaient pas été respectées depuis de nombreuses années.

 

Insécurité (thème de l’) : Instrument de campagne efficace pour rameuter une population échaudée par les mensonges politiciens habituels sur la baisse des impôts ou la création de nouveaux emplois. Il s’agit alors de stigmatiser une partie de la population pauvre, en en exagérant la nocivité, et de promettre de sévèrement la mater en cas de délits ou d’agressions. Initiative purement maffieuse, l’état se substituant au Milieu pour « assurer la sécurité » des particuliers (non sans simultanément accroître, par médias interposés, les « raisons d’avoir peur »), elle fut efficacement mise en œuvre par les jeunes recrues de l’UMP lors des élections de 2002, contaminant jusqu’au discours de leur adversaire, le malheureux Lionel Jospin, pris de cours par le succès de cette nouvelle lubie. Elle est devenue depuis un thème classique lors de crises de croyance dans l’honnêteté ou la compétence d’un membre éminent de la classe politique (« On va vous débarrasser de cette racaille, madame », etc.). Les personnes tentant de répondre à ces refrains par des propos raisonnables et un point de vue réaliste sont régulièrement taxés de bobos, voire d’islamo-gauchistes, par leurs opposants.

 

Irak (invasion de l’) : L’invasion de l’Irak, fallacieusement appelée « Guerre », est la seconde guerre du XXIe siècle caractérisée par le style Bush en matière de guerre préventive ; la première étant celle contre l’Afghanistan. Les raisons invoquées officiellement sont : 1) la lutte contre le terrorisme, l’Irak étant présenté comme un Etat soutenant Al-Qaïda, responsable des attentats du 11 septembre 2001 (accusations qui ont été démontrées comme non fondées, y compris par le sénat américain). 2) l’élimination des armes de destruction massive censément détenues par l’Irak (l’Irak Survey Group chargé par le gouvernement américain de trouver ces armes déclarera en septembre 2004 qu’il n’y avait plus aucune arme chimique depuis 1991, ni aucun programme en cours en vue d’en obtenir de nouvelles). 3) l’instauration d’une démocratie et la pacification de la région par un effet d’exemple. Mais, en réalité, ce plan d’invasion répond à d’autres raisons, purement maffieuses. À savoir : 1) les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et des entreprises d’exploitation pétrolière, notamment Carlyle, Enron, Halliburton Energy Services (qu’a présidé Dick Cheney) et Unocal (dont Hamid Karzai fut l’un des conseillers) ; 2) les liens entre les néo-conservateurs au pouvoir à Washington et des entreprises sous-traitantes de l’armée (dont Halliburton) ; 3) la décision de l’Irak de ne plus faire valoir son pétrole contre des devises en dollars, mais en euros. Étant donné le fait que la France, la Russie et la Chine menaçaient d’utiliser leur droit de veto pour empêcher une approbation à l’ONU de la guerre contre l’Irak, et la forte probabilité qu’une majorité du Conseil de sécurité refuse de suivre les États-Unis et le Royaume-Uni, ces derniers ont décidé d’attaquer l’Irak sans l’aval de l’ONU. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies et l’ancien secrétaire général Boutros Boutros-Ghali ont qualifié la guerre d’illégale. Le conflit perdure jusqu’à aujourd’hui, l’armée américaine étant toujours une puissance occupante, tandis que les diverses parties semblent s’être engagées dans une guerre civile de longue haleine. Cette guerre multiforme combine résistance à l’occupant, et lutte entre les composantes sunnites, chiites et kurdes de la population. L’institut de sondage britannique Opinion Research Business a estimé à plus de 1 million le nombre de victimes irakiennes entre mars 2003 et Août 2007. Selon les estimations de l’ONU en avril 2006, presque 2,5 millions d’Irakiens (soit un irakien sur huit) ont fui leur pays en raison des violences. 

 

Jessica (Naufrage du) : Le pétrolier Jessica échoue le mardi 16 janvier 2001 au large de l’île de San Cristobal, dans les Galapagos, déversant plusieurs centaines de tonnes de fioul. Le littoral de San Cristobal est touché, et des nappes dérivent vers l’ouest en direction de l’île de Santa Fe. Cette marée noire affecte l’un des sites les plus exceptionnels au monde par sa diversité biologique, abritant environ 5000 espèces dont près de 2000 sont endémiques, c’est-à-dire uniques au monde. 

 

Joly (Eva) : Nommée juge d’instruction au pôle financier au Palais de Justice de Paris en 1990, elle hérite du dossier Bidermann, qui conduit via Elf-Gabon à l’affaire Elf, qu’elle instruit avec Laurence Vichnievsky. Le 5 juillet 1996, elle fait incarcérer le patron Loïk Le Floch-Prigent, ancien PDG d’Elf et président en exercice de la SNCF. Puis elle ouvre les dossiers de l’affaire des frégates de Taïwan et de l’affaire Dumas-Deviers-Joncour. En 2002, elle se met en disponibilité de la magistrature pour devenir conseillère du gouvernement norvégien dans la lutte contre la corruption et la délinquance financière internationale, déplorant au passage la complaisance en France avec les malversations financières. Elle explique son départ en Norvège comme un véritable exil pour se mettre à l’abri : « J’ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger. »

 

Jospin (Lionel) : comique infortuné ayant réalisé un gouvernement dépassant toutes les performances humoristiques du parti socialiste. Depuis son échec aux élections de 2002, Lionel Jospin s’est tourné vers la littérature potachique. Après un ouvrage de blagues nommé Le Monde tel que je le vois, il se consacre à des ouvrages de témoignages inspirés par les titres des films de Brian de Palma, dont le premier, L’Impasse, est paru en 2007. 

 

Jouets : Gébé a réalisé des pages consacrées aux jouets presque systématiquement chaque année à la période de Noël, utilisant cette forme comme loupe grossissante de l’expérience du monde, et du déploiement de la violence et de la laideur. 

 

Juppé (Alain) : Homme politique français. Auteur du « Plan Juppé », projet de réforme de la Sécurité Sociale présenté à l’Assemblée nationale le 15 novembre 1995, ayant déclenché de très grosses manifestations et de très grosses grèves en novembre et décembre 1995. Après la dissolution de l’Assemblée nationale, les élections législatives de 1997 sont remportées par l’opposition, contraignant le gouvernement Juppé à la démission. En 1998, il est mis en examen pour abus de confiance, recel d’abus de biens sociaux, et prise illégale d’intérêt pour des faits commis en tant que secrétaire général du RPR, et maire adjoint de Paris aux finances, de 1983 à 1995. Il est considéré comme un élément clé d’un système de financement occulte d’emplois au sein du RPR financés par la Mairie de Paris et des entreprises désireuses de passer des contrats publics. Le 30 janvier 2004, il est condamné par le tribunal correctionnel de Nanterre à dix-huit mois de prison avec sursis dans l’affaire des emplois fictifs de la mairie de Paris et à une peine de dix ans d’inéligibilité. La déclaration de son inéligibilité en 2004 le conduit à quitter ses fonctions parlementaires, municipales et partisanes, Nicolas Sarkozy prenant la direction de l’UMP. 

 

Khatami (Seyyed Mohammad) : Président de l’Iran entre 1997 et 2005. Khatami est considéré notamment par les Occidentaux comme le premier président réformiste d’Iran, sa campagne présidentielle se focalisant sur l’état de droit, la démocratisation et la participation de tous les Iraniens dans le processus de décision politique. 

 

Lagardère I (Jean-Luc, le père) : chef d’entreprise industriel et patron de presse français. Il commence sa carrière chez Dassault aviation. À partir des années 1980, il construit le groupe Lagardère dans la défense et les médias, figurant parmi les premiers dans l’édition avec Hachette Livre et la presse (Hachette Filipacchi Médias). Il dirige La Cinq du 25 novembre 1990 jusqu’au 31 décembre 1991. Jean-Luc Lagardère est mort le 14 mars 2003 des suites d’une opération chirurgicale.  Son fils Arnaud Lagardère lui succède. 

 

Lagardère II (Arnaud, le fils) : Auditionné par l’Autorité des Marchés Financiers le 29 mai 2007 dans le cadre d’une enquête sur un possible délit d’initié pour avoir vendu une grande partie de ses actions EADS peu avant que l’action ne chute en bourse suite à l’annonce des retards dans le programme A380. Le Canard Enchaîné du 30 mai 2007 a précisé que les enquêteurs de l’AMF ont trouvé, lors d’une perquisition au siège de Lagardère, un calepin instructif dans le coffre du bureau de son président du conseil de surveillance. D’après le Canard, ce calepin montre que les déboires de l’A380 étaient connus d’Arnaud Lagardère avant la revente des actions pour 890 000 000 € de plus-values. Phrase-clé : « J’ai le choix entre passer pour quelqu’un de malhonnête ou quelqu’un d’incompétent. » (juin 2006) Certains journalistes du Journal du Dimanche le soupçonnent d’avoir bloqué la publication d’un article indiquant que l’épouse de Nicolas Sarkozy nouvellement élu, Cécilia, n’était pas allée voter au deuxième tour de l’élection présidentielle.

 

Lebranchu (Marilyse) : femme politique française. Maire de Morlaix en 1995, elle rejoint le nouveau gouvernement de Lionel Jospin en 1997. Tout d’abord Secrétaire d'État aux PME, au commerce, à l’artisanat et à la consommation de 1997 à 2000, elle devient ensuite, ministre de la Justice de 2000 à 2002. Auteur d’un avant-projet de loi en juillet 2001, pour l’amélioration de la vie quotidienne des détenus. 

 

Leclerc (Michel-Edouard, supermarché) : entrepreneur français de Landerneau, fils d’Edouard Leclerc et dirigeant des centres E.Leclerc. Leclerc est l’enseigne leader sur le territoire national grâce à 17,2 % de parts de marché et 30 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Accessoirement : gueule qu’on aimerait écraser à coups de tatane (cf. L’Eprouvette N°2). 

 

Léon (film) : horrible film français avec Jean Réno dans le rôle d’un tueur à gages. Pour Gébé, le monde politique est rempli de Léon : Léon Mitterrand, Léon Seguin, Léon Charles (Pasqua), Léon Chirac, Edouard Léon (Balladur), Jean-Léon Dutourd, Michèle Alliot-Léon-Marie, Léon Tapie. 

 

Léonard de Vinci (Université, dite aussi : Fac Pasqua) : Pôle d’enseignement supérieur implanté au cœur du quartier des affaires de La Défense, créé en 1995 par le Conseil général des Hauts-de-Seine et son boss Charles Pasqua. Enseignement supérieur privé, conçu en étroite liaison avec les entreprises, associant le monde économique et celui des études, financé sur fonds départementaux publics. Pour se faire une idée de l’ampleur du projet, alors que les grandes universités souffrent de manque de locaux, le chiffre donné en septembre 1995 pour la Fac Pasqua est de 50000 m2 pour 158 étudiants en première année en filière propre. « Les jeunes gens lisses n’iront plus faire les étudiants étrangers en Amérique. C’est en France, désormais, qu’ils apprendront à écrire de faux romans américains, à tourner de faux films américains et à manager des networks new-age. Avec, comme aux U.S.A., ses études payées par l’industrie toxique (Péchiney), la recherche tueuse (Thomson, Dassault), la finance boueuse (Crédit Lyonnais), la jeune tête bien creuse pourra se remplir de science sans conscience, de technologie sans état d’âme, de management sans scrupules, de foutaises communicatoires pavloviennes, d’ingénierie pour la torture, puisqu’il y a un marché. Le poussin sans plumes couvé par Pasqua apprendra le gloussement sans joie, la citoyenneté apolitique et l’enthousiasme froid pour 80000 F par an. » écrit Gébé dans Les Colonnes. 

 

Listes du Figaro : En juillet 1995, alors que le premier ministre Alain Juppé est mis en cause parce qu’il réside dans un appartement du domaine privé de la Ville de Paris qui lui est loué à des conditions avantageuses, Le Figaro publie la liste des personnes logées dans des appartements appartenant à la Ville de Paris.

 

Longuet (Gérard) : Homme d’affaires et homme politique français, membre de l’UMP, ancien Ministre, ancien député de la Meuse, ancien président du conseil régional de Lorraine et sénateur de la Meuse depuis 2001. Président de Herbemont Cesar et Associés (1999-2001), SKG (depuis 2000), Sokrates Group (2002) et l’Agence de Financement des Infrastructures de Transport de France (depuis 2005), créateur et actionnaire à hauteur de 32% de la Société de télécommunications SFR. Durant ses études de droit et de sciences-politiques, il participe aux côtés d’Alain Madelin et de Patrick Devedjian à la création du mouvement Occident. Hyper-libéral et proeuropéen, Gérard Longuet est aujourd’hui vice-président du mouvement Les Réformateurs au sein de l’UMP. Gérard Longuet a été impliqué dans plusieurs affaires judiciaires l’ayant obligé à démissionner du gouvernement d’Édouard Balladur en octobre 1994. Poursuivi pour recel de corruption dans l’affaire des marchés publics d’Île-de-France, il a été relaxé en octobre 2005. Il est mis en examen en 1995 dans l’enquête sur le financement occulte du Parti républicain.

 

Louis (Émile) : serial-killer à la française, condamné dans l’affaire des disparues de l’Yonne. À avoué en 2000 avoir assassiné sept jeunes filles handicapées.

 

Madelin (Alain) : Un des fondateurs du mouvement Occident en 1964, avec Longuet et Devedjian ; devenu depuis médiocre agent américain. Ministre des Entreprises et du Développement économique sous le gouvernement Balladur, son passage laisse deux traces notables : d’une part les contrats de retraite dit « Madelin », permettant aux non-salariés de se constituer une retraite par capitalisation ; d’autre part une simplification des démarches de création d’entreprise, avec la mise au point du statut d’entreprise unipersonnel. Lorsque l’UDF se range derrière Balladur lors de l’élection présidentielle de 1995, il choisit de soutenir Chirac. Élu, ce dernier le nomme ministre de l’Économie et des Finances. Madelin préconise alors une réforme des retraites par l’alignement du public sur le privé en supprimant les régimes spéciaux déficitaires, mais ses positions sont jugées trop libérales et il est contraint à la démission au bout de trois mois. En 2003, au nom de cette vieille chaussette de « nouvel ordre mondial », il se transforme en bonimenteur éhonté de l’extermination du peuple irakien. 

 

Malraux (André) : Écrivain, penseur, opiomane, stand-up tragique et ministre sous De Gaulle chez qui notre époque n’a cessé de se servir copieusement pour dire tout et n’importe quoi (comme De Gaulle !), en particulier la phrase équivoque : « Le XXIe siècle sera spirituel ou ne sera pas. » Variantes : « Le XXIe siècle sera religieux ou ne sera pas. » ; « Le XXIe siècle sera métaphysique ou ne sera pas. » On se demande pourquoi une telle insistance à lui attribuer une phrase dont il a lui-même précisé à Pierre Desgraupes (dans une interview au Point, le 10 novembre 1975) : « On m’a fait dire : « Le XXIe siècle sera religieux. » Je n’ai jamais dit cela bien entendu, car je n’en sais rien. Ce que je dis est plus incertain. Je n’exclus pas la possibilité d’un évènement spirituel à l’échelle planétaire. » On aimerait croire que Malraux pensait au Mandarom, car ce serait une excellente transition pour l’entrée suivante. 

 

Mandarom : Siège mondial de l’Aumisme, religion universelle de l’Unité des visages de Dieu fondée en 1969 par le Messie Cosmo-planétaire Gilbert Bourdin (1923-1998), la Cité Sainte de Mandarom Shambhasalem est située à 10 kilomètres de Castellane. Gilbert Bourdin, réincarnation autoproclamée de Napoléon et de Gengis Khan, disait être redescendu sur terre pour conduire l’humanité de l’Âge de Fer à l’Âge d’Or. Il prétendait avoir empêché une guerre mondiale en livrant bataille à des créatures cosmiques et avoir détruit, non seulement des milliers de milliards de démons s’acharnant contre lui, mais encore plusieurs autres milliards de dieux et de demi-dieux. Il affirmait en outre avoir déployé, au cœur de l’astral, un bouclier psychique couvrant les quelques milliards de galaxies de notre univers. Terrassant aussi bien les Bouddhas que Satan et Lucifer, il s’employait parallèlement à anéantir les envahisseurs de l’espace-temps, partis à bord d’aéronefs de la planète Marx (authentique), dans la constellation de Sirius, pour conquérir la Terre. En 1995, puis en 1996, Gilbert Bourdin est accusé de viols, tentatives de viols et agressions sexuelles sur deux anciennes adeptes. Il est libéré quelques jours plus tard, une des plaignantes ayant reconnu ne pas avoir remarqué de signes particuliers sur le corps de son violeur alors que Gilbert Bourdin était couvert de tatouages. L’instruction qui dura trois ans s’achève avec le décès du leader spirituel de l’Aumisme. Une statue de 33 m de haut à l’image de Gilbert Bourdin, construite en 1990 sur le terrain de la « cité sainte », est dynamitée par l’armée française le 6 septembre 2001, suite à une décision de justice. Gilbert Bourdin était considéré par ses adeptes comme le Premier Hiérokarantine, et nous attendons avec eux désormais son retour, sous les traits du Deuxième Hiérokarantine.

 

Marchiani (Jean-Charles) : Bras droit de Charles Pasqua, ancien membre des services secrets français, principal négociateur dans l’affaire des otages français au Liban (affaire de blanchiment présumé, en marge du versement d’une éventuelle rançon pour la libération des otages). Chargé de mission (cabinet Pasqua) entre 1993 et 1995. Préfet du Var (1995-1997). Secrétaire général de la zone de défense de Paris entre 1997 et 1999. Député européen sur la liste Pasqua-de Villiers entre 1999 et 2004. Condamné à trois ans de prison pour avoir perçu des commissions en marge de la vente des chars militaires au Moyen-Orient. Condamné à un an de prison dans une affaire de commission occulte en marge d’un marché pour la sécurisation des bagages à Roissy. Soupçonné d’avoir perçu des fonds à l’occasion de ventes d’armes en Angola au milieu des années 1990, en pleine guerre civile, en vue de faciliter la vente de matériel militaire post-soviétique. 

 

Mariani (Thierry) : Parlementaire français. Élu député pour la première fois en 1993. Sa circonscription d’élection est la 4e du Vaucluse, qui englobe la commune d’Orange, où le Front national est à l’époque bien implanté. Après avoir soutenu la candidature de Nicolas Miguet en 2002, il fait partie du groupe UMP. Il est président du groupe « Cafés-Hôtels-Restaurants-Discothèques » à l’Assemblée nationale. En mai 2001, il fait passer un amendement autorisant la police à saisir le matériel dans les free party. En janvier 2002, il refuse de voter la loi proposant de reconnaître le 19 mars 1962 comme Journée nationale du souvenir aux victimes de la guerre d’Algérie. En septembre 2007, il a aussi présenté plusieurs amendements au projet de loi sur l’immigration : Autorisation de recours aux tests ADN lors de la délivrance des visas de plus de trois mois au titre du regroupement familial, en cas de doute sérieux sur l’authenticité de l’acte d’état civil (amendement supprimé en commission au Sénat) ; autorisation de statistiques raciales et ethniques (rejeté car inconstitutionnel) ; division par deux du délai de recours pour les demandes d’asile (amendement adopté) ; interdiction d’hébergement d’urgence aux personnes en situation irrégulière (amendement adopté dans un premier temps par l’Assemblée Nationale, puis supprimé par le Sénat). Thierry Mariani est actuellement membre de la commission des lois de l’Assemblée nationale et vice-président de la délégation de l’Assemblée nationale pour l’Union européenne. Citation : « Grâce à Sarkozy, la droite n’a plus honte d’être à droite. »

 

McVeigh (Timothy) : Membre d’un groupe d’extrême droite anti-gouvernemental, le Patriot Movement, il fait exploser lors d’un attentat un camion piégé à Oklahoma City le 19 avril 1995, faisant plus de 168 morts. 

 

Mellick (Jacques) : homme politique français, a été député et maire de Béthune. Entre 1996 et 1997, il doit abandonner tous ses mandats suite à sa condamnation pour faux témoignage et subornation de témoin dans l’affaire OM-Valenciennes. Pour innocenter Bernard Tapie, Mellick avait soutenu devant le juge qu’il se trouvait dans le bureau de ce dernier à Paris, le 17 juin 1993, à une heure où l’entraîneur de Valenciennes affirmait avoir rencontré le président de l’Olympique de Marseille à la demande de ce dernier. Le retour sur ses déclarations de son assistante parlementaire et la présence avérée de Jacques Mellick une heure avant à Béthune l’ont obligé à revenir sur ses premières déclarations. Jacques Mellick soutient alors avoir menti « pour sauver Béthune » où était installée l’entreprise Testut, appartenant alors au groupe de Bernard Tapie. 

 

Messier (Jean-Marie dit J2M) : homme d’affaires français, dont l’ascension sociale n’a d’égal que la brutalité de sa chute. Polytechnicien, énarque et inspecteur des Finances, conseiller technique chargé des privatisations au cabinet d’Édouard Balladur. À partir du milieu des années 1990, il accompagne la Compagnie générale des eaux dans sa transformation et la renomme Vivendi. Le groupe est alors très présent dans la communication avec Havas, Canal+ et SFR et prétend profiter pleinement de la bulle internet. Sa filiale d’édition électronique, Vivendi Universal Publishing, continue d’entreprendre des projets pharaoniques alors que tous les indicateurs d’explosion de la bulle Internet sont au rouge. En septembre 2001, il s’installe à New York dans un appartement valant 17,5 millions de dollars sur Park Avenue. En 2002, Vivendi s’enfonce dans les difficultés, et déclare des pertes records qui sont mises « hors bilan », les plus importantes jamais enregistrées par une société basée en France. Au même moment, Messier décide de se séparer de Pierre Lescure, patron fondateur de Canal+, et fait licencier des salariés du groupe. Au siège de Vivendi, le Conseil d’administration se désolidarise de Messier, le forçant à démissionner en juillet 2002. Jean-Marie Messier vit aujourd’hui essentiellement à New York. Dans Les Colonnes, Gébé entre dans la tête de Jean-Marie Messier pour voir le monde (fleur, plomb, science, amour) par ses yeux. 

 

Millau : une des villes-symboles de l’altermondialisme depuis le démontage d’un McDonald’s en chantier par José Bové et les membres de la Confédération Paysanne en Août 1999. Ce démontage est une protestation contre la décision de l’Organisation mondiale du commerce de valider les sanctions américaines (sous forme de taxation punitive de certaines importations d’origine européenne, dont le fromage de Roquefort), en raison du refus de l’Union européenne d’importer des États-Unis du bœuf traité aux hormones de croissance. L’action, collective, réalisée à visage découvert, avait été annoncée à la police par les organisateurs. Le 20 Septembre 1999, face au grand pique-nique des paysans organisés au même endroit, l’inauguration officielle de McDonald de Millau est annulée. Gébé est présent : « Retrouvailles : Hippies morts, babas démodés et moqués, les paysans en révolte (…) des manifestants folklos années 70, venus soutenir les ploucs contre l’armée, beaucoup sont restés. Ils sont devenus ploucs à leur tour. Elèvent, cultivent, transforment, fabriquent, apprivoisent, préservent, innovent et n’oublient pas de lutter, avec cette vieille jubilation soixante-huitarde qui donne à ce mouvement de rébellion débutant son air d’éternelle jeunesse. » Gébé retourne à Millau le 30 juin 2000 : « L’Histoire comme on l’aime. » La question de l’altermondialisme et de ses composantes est un des points de fracture les plus saillants dans la rédaction du deuxième Charlie Hebdo. Si pour M. Val, José Bové et Jean-Marie Le Pen ont « beaucoup de choses en commun, plus de choses qu’on ne pense », les affinités entre la pensée de Gébé et le mouvement altermondialiste – de l’anarchie douce à l’écologie, ainsi que la lutte contre le capitalisme – ne sont pas douteux. 

 

Millon (Charles) : homme politique français. À l’issue du scrutin régional de 1998, ne disposant pas de la majorité absolue pour diriger l’exécutif, il passe une alliance avec le Front National. Cette alliance allant de l’UDF au FN remporte la présidence et l’ensemble des vices-présidences de commission. Charles Millon est alors exclu de l’UDF. Il fait l’objet d’une action judiciaire : le jour de son élection comme président, le doyen des conseillers, qui assumait la présidence par intérim, avait laissé Charles Millon et Bruno Gollnisch débattre alors que les règlements l’interdisaient. Il est destitué en décembre 1998. En 2003, la cour administrative d’appel de Lyon déclare illégales les délibérations qui avaient permis à Charles Millon de bénéficier d’un appartement et de personnel de maison, pendant près de dix ans, lorsqu’il présidait la Région Rhône-Alpes. Il est condamné en 2003 à 350 000 euros d’amende.

 

Minc (Alain) : Président d’AM conseil. Minc est spécialisé dans le conseil simultané de dirigeants politiques et chefs d’entreprise luttant les uns contre les autres. Gérard Mestrallet, PDG de Suez, le rémunère alors qu’il conseille simultanément Albert Frère qui tente de destituer Mestrallet. En janvier 2007, le directeur général de VINCI Xavier Huillard le démet du conseil d’administration lorsqu’il réalise que Minc conseille simultanément François Pinault, qui prépare une attaque contre le groupe. Il est aujourd’hui accusé par la Société des Rédacteurs du Monde d’avoir précipité la crise amenant à la démission de Pierre Jeantet afin de favoriser une recapitalisation au profit du Groupe Lagardère, dont il est le conseiller. Comme Thierry Ardisson, Minc est accessoirement signataire de livres qu’il n’a pas écrit, comme Spinoza, un roman juif : plagiat de Spinoza, le masque de la sagesse de Patrick Rödel. 

 

Mitterand (François, Une jeunesse française de Pierre Péan) : Les années 1994 et 1995 se sont singularisées par une flopée de livres-poubelle sur Mitterand, comme 2007 et 2008 par des livres-poubelle sur Sarkozy et ses traînées. Gébé y voyait même un problème écologique. Le livre de Péan, Une jeunesse française, paru en 1994, a ré-ouvert le dossier de la jeunesse de Mitterrand, débutant à l’extrême droite pour incarner finalement « l’espoir du peuple de gauche » : pétainiste, giraudiste et résistant. La francisque de Mitterrand portait le n°2202 et lui fut attribué en mars-avril 1943 pour « récompenser les services rendus à l’Etat français ». Cette décoration fut très longtemps un tabou dont l’évocation était mise au compte de l’acharnement de l’extrême droite, Mitterrand n’ayant jamais pris le risque de démentir, ni de s’expliquer de manière claire. Dans ses brèves confidences sur cette période, François Mitterrand déclare en 1969 : « rentré en France, je deviens résistant sans problème déchirant », mettant entre parenthèses un an et demi et l’épisode de Vichy. Dans Les Colonnes, le Mitterrand collaborateur et le Mitterrand résistant se distinguent par la moustache postiche, qu’il enlève et remet alternativement, changeant alors de personnalité. 

 

Modigliani, Hulot, Alice : Etrange et émouvante playlist dressée par Gébé comme exemple de beauté rendue impossible par la seule évocation de l’Invasion du Golfe.

 

Murdoch (Rupert) : homme d’affaires anglo-australo-américain et 88e fortune mondiale en 2006. Murdoch possède un véritable empire médiatique d’ampleur globale, comprenant de nombreux sites internet et un grand nombre de journaux, dont le New York Post et The Wall Street Journal aux États-Unis et The Times et The Sun au Royaume-Uni. Il possède également un réseau de télévision incluant la chaîne Fox News. Les 175 journaux possédés par Murdoch à travers le monde ont soutenu l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis, utilisant pour ce faire des titres provocateurs, des informations calomnieuses, des mensonges avérés et des insultes ad hominem

 

Notat (Nicole) : ex-secrétaire générale du syndicat CFDT. Pendant la manifestation parisienne de la fonction publique le 17 octobre 1996, elle est vivement prise à partie pour son soutien au plan Juppé et est accusée de trahison par des manifestants. En 2002, elle a passé le relais de la CFDT à François Chérèque et crée Vigeo, société européenne d’évaluation des performances sociales et environnementales des entreprises RSE. 

 

Opus Dei : prélature personnelle de l’Église catholique fondée le 2 octobre 1928 par le prêtre espagnol Josémaria Escrivade Balaguer. En 1939, les fidèles de l’Opus Dei ne sont qu’une douzaine. En 1950, ils sont presque 3000. En 2004, l’Œuvre revendique environ 85000 membres — dont 98% de laïcs — répartis dans une soixantaine de pays. But poursuivi par l’Opus Dei : diffuser le message évangélique dans les cadres professionnels, sociaux et familiaux. Elle a depuis de nombreuses années la réputation d’être un lobby agissant auprès des instances politiques et d’infiltration au sein d’autres organes de l’Église. 

 

Otages d’Alger (Affaire des) : Le vol Air France 8969 reliant Alger à Paris est piraté le 24 décembre 1994 par quatre preneurs d’otages faisant partie du Groupe Islamique Armé. L’objectif présumé des terroristes était de faire exploser l’avion dans le ciel parisien, ou de le faire s’y écraser, par exemple sur la Tour Eiffel. 

 

OTAN (Organisation du Traité de l’Atlantique Nord) : organisation politico-militaire créée à la suite de négociations entre les signataires du traité de Bruxelles, les États-Unis et le Canada ainsi que 5 autres pays européens pour organiser la défense et la sécurité de l’Europe face à l’Union soviétique après la Seconde Guerre mondiale. Les Soviétiques s’opposent au traité, l’accusant d’être « un instrument de l’impérialisme américain »  et la France, membre fondateur, se retire de la structure militaire et de sa direction en 1966 à la décision du général de Gaulle. Dans l’Adriatique (1992–1996), l’OTAN s’engage dans une opération de surveillance maritime baptisée opération Sharp Guard, destinée à contrôler l’embargo sur les armes de l’ONU imposé à la Yougoslavie, suivi d’une campagne de bombardement. En Afghanistan, le 11 août 2003, l’OTAN prend le commandement de la Force internationale d’assistance et de sécurité. En Irak, elle apporte un soutien logistique à la division multinationale et participe à la formation des forces de sécurité irakiennes. Le budget global de l’OTAN atteint 1,735 milliard d’euros pour 2005. 

 

Paradis Fiscal : territoire à fiscalité très basse. Les paradis fiscaux sont en général de tous petits territoire, souvent des îles, qui peuvent dégager des ressources fiscales suffisantes à leur échelle parce que le faible taux d’imposition est compensé par l’énorme volume d’opérations. Faisceau de caractéristiques communes à la plupart des paradis fiscaux : absence ou faible niveau d’imposition pour des dépenses publiques réduites ; stabilité économique et politique ; liberté des changes accompagnée d’une monnaie liquide ; secret commercial et secret bancaire inébranlable ; secteur financier très développé par rapport à la taille du pays ou la dimension de son économie ; bonnes infrastructures de communication et de transport ; maillage de conventions fiscales faible ou inexistant. A ces critères on peut ajouter l’impunité judiciaire relativement aux lois nationales contournées. Exemples : Andorre, Liechtenstein, Monaco, Antilles néerlandaises, Bahamas, Bermudes, Îles Caïmans, Bahreïn, Luxembourg. Malte…

 

Pas vu Pas Pris : Grand film documentaire de Pierre Carles de 1998 sur l’esprit de corps des journalistes de télévision. Extrêmement drôle et instructif ; petit chef d’œuvre. « Une histoire qui ne fait que commencer, pourtant déjà longue. » Du film suivant de Pierre Carles, le très beau La Sociologie est un sport de combat (autour de Bourdieu)Gébé écrit : « Ce qu’a raté la Gauche en 81, Pierre Carles le réussit en 2001. Le film refusé par toutes les chaînes. L’intelligence sur les écrans de France. »

 

Pasqua (Charles) : Ex-vendeur d’anisette et mentor de l’actuel président de la république comme il a été celui de Chirac. Un des créateurs du SAC en 1959 : police privée du gaullisme, fortement liée au Milieu. Organisateur en chef de la présidentielle de 1981 pour Jacques Chirac, nommé Ministre de l’Intérieur dans le premier gouvernement de cohabitation. Il est l’auteur de la loi portant son nom, rendant plus difficile l’accès à la nationalité française pour les immigrés. En poste durant les manifestations étudiantes contre la loi Devaquet, qui provoqueront la mort d’un manifestant, Malik Oussekine, le 5 décembre 1986. En octobre 1988, il dépose pour la seconde fois avec plusieurs autres sénateurs une proposition de loi « relative au rétablissement de la peine de mort pour les crimes les plus odieux ainsi que pour la protection des fonctionnaires de sécurité et de justice » (la première fut déposée en avril 1984). De 1993 à 1995, il redevient ministre de l’intérieur du gouvernement de Balladur. La réforme du code de la nationalité française dite « réforme Pasqua » est votée par le parlement. En 1995, il soutient Balladur contre Chirac lors de l’élection présidentielle. Pasqua a été ou est actuellement l’objet de plusieurs informations judiciaires pour divers faits survenus durant sa carrière politique ou ministérielle. Ces diverses affaires ont permis de mettre à jour des réseaux d’influence appelés « réseaux Pasqua », étendus du département des Hauts-de-Seine aux salles de PMU africaines. Affaire des ventes d’armes à l’Angola (Angolagate) ; affaire de la Sofremi ; affaire du casino d’Annemasse ; affaire du déménagement du siège d’Alsthom ; affaire de la Fondation Hamon ; affaire Pétrole contre nourriture. Charles Pasqua bénéficie d’une immunité sénatoriale. Dans Les Colonnes, Gébé nous présente la cheminée de Pasqua, avec la matraque d’or du SAC, le trophée Ricard du meilleur vendeur et la maquette de l’université privée « Léonard de Vinci » des Hauts-de-Seine. 

 

Péchiney (PDG : Jean-Pierre Rodier) : Groupe dont l’origine remonte à la création en 1855 de la société « Henry Merle et Compagnie ». Au cours de son existence, ce groupe, initialement centré sur l’aluminium, aura eu un périmètre très variable, car il s’est diversifié, a absorbé ou fusionné avec d’autres entreprises. L’aluminium est toujours resté une de ses activités essentielles, à laquelle se sont ajoutées d’autres métallurgies, de la chimie, du nucléaire, de l’emballage. En 1971, Pechiney fusionne avec Ugine Kuhlmann et devient le premier groupe industriel privé français. En 1982, le groupe Pechiney est nationalisé ; il est reprivatisé en 1995, sous la présidence de Jean-Pierre Rodier. Le rachat de l’activité d’emballage de Triangle en 1988 a donné lieu à un délit d’initié. En 2000, un projet de fusion à trois présenté par Pechiney, le Canadien Alcan et le Suisse Algroup est refusé par la Commission européenne qui juge qu’il pourrait y avoir abus de position dominante dans plusieurs domaines, notamment l’automobile, la construction, les conserves alimentaires, et les emballages. En avril 1997, c’est au Brésil que Rodier annonce 2700 licenciements de Péchiney : « Dans la culture du groupe, nous ne devons pas avoir peur du mot licenciement. » 

 

Peyrefitte (Alain) : Ancien homme politique et homme de lettres, il publie C’était de Gaulle, recueil de propos du général de Gaulle paru en trois tomes, le premier en 1994 et le dernier de manière posthume, en 2000. À partir de ces recueils de conversations rapportées, Gébé imagine dans Les Colonnes une poupée Barbie dans le genre de Peyrefitte : répétant mécaniquement des phrases de De Gaulle.

 

Picasso (voiture) : voiture Citroën utilisant le nom et la signature du peintre de façon objectivement bouffonne. Dans Les Colonnes, Gébé imagine également une grenade et une kalachnikov Picasso. 

 

Pinault (François) : Homme d’affaires français, ancien président du groupe Pinault-Printemps-Redoute (PPR) et propriétaire du club de football le Stade rennais. Troisième fortune française en 2007. Il fait fortune grâce à la spéculation sur le marché du sucre en 1974. En 1973, il vend Pinault Distribution pour 80 millions de francs au groupe britannique Venesta. Il poursuit ses acquisitions, essentiellement d’entreprises proches du dépôt de bilan en bénéficiant d’une loi qui lui permet de dégager rapidement des plus values. Il achète, en 1987, 75 % du capital de la Chapelle Darblay, numéro un français du papier journal. Il revend en 1990 et empoche au passage une plus-value de 525 millions de francs.  À la fin des années 1980, il fait entrer Pinault SA sur le marché boursier grâce à un groupe d’investisseurs institutionnels. Ces opérations boursières lui permettent de racheter les grands magasins du Printemps en 1991 et le vendeur par correspondance La Redoute.  En 1994, c’est la fusion de La Redoute avec Pinault-Printemps. Le nouveau groupe prend le nom de PPR. Il devient propriétaire de la FNAC en 1994, du magazine Le Point en 1997, de 16 % de Bouygues, de la maison de ventes aux enchères Christie’s en 1998. Il profite de l’achat du Point pour ne pas payer l’impôt de solidarité. Il a aussi utilisé des sociétés-écrans situées dans un paradis fiscal des Antilles néerlandaises pour cacher un quart de sa fortune pendant une vingtaine d’années, évitant ainsi d’être assujetti à l’impôt sur le revenu jusqu’en 1997. La capitalisation boursière de PPR, qu’il contrôle à hauteur de 43 % via la holding Artémis, est de 17 milliards d’euros le 8 avril 2007. En 2007, il possède ainsi la 34e fortune mondiale et la 10e fortune européenne avec une fortune personnelle estimée à 14,5 milliards de dollars US (approximativement 10 milliards d’euros) Depuis 2001, il transmet progressivement les rênes de son empire à son fils François-Henri Pinault. 

 

Planet Hollywood (restaurant) : chaîne de restaurants à thème sur les stars, les films et les paillettes d’Hollywood lancée en 1991 par Bruce Willis et Sylvester Stallone. Assez médiocres culinairement, de nombreux restaurants ont fermé de par le monde à la fin des années 90, et celui des Champs-Elysées à Paris en 2008. Dans Les Colonnes, Gébé dessine ce dernier comme un hamburger géant précédé d’un tapis rouge au milieu de l’avenue. 

 

Pons (Bernard) : Fidèle de Chirac, plusieurs fois ministre, président-fondateur de l’Association des Amis de Chirac. Ministre de l’Équipement, du Logement, des Transports et du Tourisme du 6 novembre 1995 au 4 juin 1997. 

 

Pré Carré de la France : Afrique, essentiellement. « Et pendant que le peuple est prosterné, les présidents, derrière son dos, font aller et venir les petits maîtres secrets du pré carré : hommes de pleins pouvoirs tenus du prince, faiseurs et défaiseurs de potentats, conseillers, cajoleurs, maîtres chanteurs, corrupteurs et capteurs de richesse, Machiavels d’outre-mer et, par dessus tout, approvisionneurs en armement. »

 

Prestige (Naufrage du) : Le 13 novembre 2002, le pétrolier Prestige en transit entre la Lettonie et Gibraltar, au large du Finistère, près des côtes de Galice. Il a une brèche de 50 mètres dans son flanc droit. L’équipage est évacué entre le 14 et le 16 novembre alors que plus de 5000 tonnes de fioul se sont déjà répandues polluant le littoral sur plusieurs dizaines de kilomètres. Le 19, le navire se brise en deux à 270 km des côtes et coule par 3500 mètres de fond. Pendant les opérations de remorquage, il a perdu de 5 à 10000 tonnes de fioul lourd. Une gigantesque marée noire va souiller les côtes de Galice, du Portugal, du Pays Basque, d’Aquitaine, de Vendée et du sud de la Bretagne. 

 

Quadruple crime du Gers (Affaire du) Le samedi 22 mai 1999 vers 18 heures 30, les corps de quatre ressortissants néerlandais sont retrouvés sauvagement assassinés dans une maison de vacances située sur la commune de Monfort dans le Gers. Quelques jours après la découverte du drame, une première piste oriente les enquêteurs vers un détenu allemand en cavale. L’homme est interpellé le 19 août 1999 à Greifswald, une petite ville de la côte baltique mais aucun élément ne permet de le mettre en cause dans cette affaire. Kamel Ben Salah, un artisan de 34 ans, est arrêté et placé en garde à vue le 23 juin 1999. Malgré quelques coïncidences troublantes, les enquêteurs ne parviennent pas à fournir de preuves formelles de son implication dans le drame de Monfort. Clamant son innocence depuis le fond de sa cellule, Ben Salah va même tenter de mettre fin à ses jours le 7 octobre 1999 en absorbant des barbituriques. Deux ans et demi plus tard, lorsque s’ouvre son procès aux assises du Gers, sa ligne de défense n’a pas changé d’un pouce. Ses premiers mots seront : « Je ne suis pas d’accord avec ce qui a été dit là. Depuis le début, je crie mon innocence et je suis innocent. » Au bout de deux semaines de débats et en dépit des multiples incertitudes du dossier, il est condamné en avril 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité. Aujourd’hui de grandes incertitudes subsistent toujours dans ce dossier. Une émission télévisée de TF1 reconstituant le crime en octobre 1999 énerve Gébé qui y voit une candidature des médias à la reprise de la police et de la justice. La suite des événements et la situation actuelle lui donnent bien sûr raison. 

 

Raddad (Omar, Affaire) Série d’événements impliquant un jardinier marocain accusé du meurtre d’une de ses clientes, Ghislaine Marchal, une veuve financièrement aisée, le 23 juin 1991. Mme Marchal vit alors sur les hauteurs de Mougins dans sa villa La Chamade. Le caractère très mystérieux et théâtral des lieux du crime et les rebondissements de l’enquête donnent lieu à l’un des procès les plus médiatisés de l’époque. Lardée d’un coup de couteau par son agresseur au fond de la cave de sa villa, Ghislaine Marchal aurait commencé par écrire « Omar m’a tuer » sans prendre assez de sang sur son doigt. Puis elle aurait recommencé une nouvelle fois un peu plus loin sur une autre porte de la cave, jusqu’à tracer la deuxième phrase « Omar m’a t », inachevée parce qu’elle n’avait plus assez de force, désignant ainsi le coupable. Inculpé d’homicide volontaire, Omar Raddad est écroué à Grasse le 27 juin 1991. Le 10 mai 1996 le président Jacques Chirac accorde la grâce partielle à Omar Raddad réduisant sa peine de quatre ans et huit mois. Omar Raddad est libéré le 4 septembre 1998 en raison de son comportement irréprochable en détention. Omar Raddad retrouve la liberté mais aux yeux de la justice, il demeure coupable. Le 2 février 2000, la Commission de révision des condamnations pénales ordonne de nouvelles investigations et notamment, une nouvelle expertise graphologique pour savoir si Mme Marchal est l’auteur des inscriptions « Omar m’a tuer ». Le 31 octobre 2000 les deux graphologues nommés remettent un rapport de 150 pages dans lequel elles se disent incapables de certifier que la victime est bien l’auteur des inscriptions . Le 14 janvier 2001, la justice ordonne une nouvelle expertise sur un chevron de bois ayant servi à tuer Ghislaine Marchal : l’ADN masculin retrouvé sur la porte de la chaufferie n’est officiellement pas celui d’Omar Raddad, mais les experts ne peuvent préciser à qui appartient cette empreinte génétique, ni sa provenance. Dans Les Colonnes, Gébé explique la non-résolution temporaire de l’enquête par la nature des techniques d’investigation de la gendarmerie, dites de piétinement.

 

Raffarin (Jean-Pierre) : Après la défaite de la droite en 1997, il lance le club Giscardisme et modernité, cultivant un positionnement qui fait de lui l’un des rares giscardiens « chiraco-compatibles ». Chirac, réélu Président de la République, fait de lui son Premier ministre. En 2003, il conduit la réforme des retraites, celle de la décentralisation et de l’assurance maladie, en dépit de plusieurs grèves et manifestations. La victoire du « non » au référendum sur le projet de constitution européenne du 29 mai 2005, est fatale à Jean-Pierre Raffarin. L’échec de cette campagne, combiné avec une popularité au plus bas, l’amène à remettre sa démission.

 

Riboud (Antoine) : Homme d’affaire français, fondateur et président du groupe Danone. « Pourrisseur de la vie pour accroître indéfiniment un magot irréel » Président de Souchon-Neuvesel et de la Société des eaux minérales d’Evian en 1965. L’année suivante, la Verrerie Souchon-Neuvesel et les Glaces de Boussois (entreprise spécialisée dans le vitrages pour le bâtiment et l’automobile) annoncent leur fusion. C’est la naissance du groupe BSN (Boussois-Souchon-Neuvesel). Fin décembre 1968, Riboud lance une OPE sur Saint-Gobain, 5 fois plus important que BSN. Cette opération est réputée être la première tentative d’offre publique hostile lancée à la Bourse de Paris. Elle échoue, mais elle apporte une important notoriété à BSN et à son président. Antoine Riboud pousse alors BSN à la reconversion, de l’industrie du verre à l’agroalimentaire. En 1970, BSN devient le leader français de la bière, des eaux minérales et des aliments infantiles. En juin 1973, Riboud réalise la fusion entre BSN et Gervais Danone. La nouvelle entité baptisée BSN-Gervais Danone devient la première entreprise agroalimentaire de France. Dans les années qui suivent, Antoine Riboud continue sa politique de désengagement du verre. Il rachète la marque de biscuits LU puis Belin. BSN groupe agroalimentaire prend le nom plus international de Groupe Danone en 1994.  « Riboud, un de ces avides qui n’inventent rien, ne créent rien, ne savent qu’acheter et revendre (après licenciements féroces). Avec n’importe quoi : Yaourt, Pétrole, Journaux, Slips, ils font du fric et des chômeurs. » En Mai 1996, Antoine Riboud annonce qu’il se retire. Il laisse alors sa place à son fils Franck Riboud. Franck Riboud fait également partie de nombreux conseils d’administrations de grandes écoles (HEC, PREPA). Il a appliqué au groupe le recentrage sur trois grands métiers : l’eau, les biscuits et les produits laitiers. Les trois marques les plus emblématiques de chaque métier sont respectivement Evian, LU et Danone.

 

Rocard (Michel) : Némésis de François Mitterrand. L’antagonisme entre les deux hommes durera de 1977 jusqu’à la mort de Mitterrand en 1997. La fin des années 1970 marque l’avènement du rocardisme, un courant au sein du Parti socialiste qui affiche une tendance décentralisatrice, puis ouvertement hostile aux nationalisations intégrales préparées par les mitterrandistes. En acceptant l’économie de marché, le rocardisme se retrouve à l’opposé des positions défendues par le parti communiste dans les négociations du Programme commun. Il est nommé Premier ministre, le 12 mai 1988, au début du second septennat de François Mitterrand. François Mitterrand lui demande de démissionner de sa fonction de Premier ministre trois ans plus tard. Il devient Premier secrétaire du Parti socialiste en 1993 après la déroute socialiste aux élections législatives et remanie profondément les institutions dirigeantes du Parti. Il choisit d’être tête de liste aux élections européennes de juin 1994 durant lesquelles il doit subir la concurrence de la liste radicale de Bernard Tapie (envoyé en sous-main par Mitterand pour démolir Rocard). À la suite du mauvais score de sa liste, une coalition Emmanuelli-Fabius le met en minorité au Conseil national du PS et il doit démissionner de son poste de Premier secrétaire le 19 juin 1994, remplacé par Emmanuelli. 

 

Rwanda (Génocide) : Génocide commis du 6 avril au 4 juillet 1994 dans le cadre d’une guerre civile opposant le gouvernement rwandais, qui s’était auto-proclamé Hutu Power avant le génocide, et le Front patriotique rwandais (FPR), accusé par les autorités d’être essentiellement « tutsi ». L’ONU estime que quelques 800 000 Rwandais, en majorité Tutsi, ont trouvé la mort durant ces trois mois. Ceux qui parmi les Hutu se sont montrés solidaires des Tutsi ont été tués comme traîtres à la cause hutu. D’une durée de cent jours, ce fut le génocide le plus rapide de l’histoire et le plus « efficace » en terme de nombre de morts par jours. D’une façon plus laconique, Gébé écrit : « 1994, la France (son président, son armée, ses services secrets, ses hommes d’affaires) organise la guerre civile au Rwanda : 50000 morts. »

 

Saincené (Fernand et Christian) : Dans le cadre de l’affaire Yann Piat (député Front National du Var abattue le 25 février 1994 s’étant notamment opposé à une grande entreprise immobilière), Fernand Saincené et son frère Christian, anciens membres du SAC inculpés, ont été retrouvés morts asphyxiés dans leur garage le 12 mai 1994. L’hypothèse du double suicide n’a pas convaincu grand monde. On a retrouvé des tracts de l’Ordre du Temple Solaire dans leur voiture. Dans Les Colonnes, Gébé explique la non-résolution temporaire de l’enquête par la nature des techniques d’investigation de la gendarmerie, dites de piétinement. Il propose également un nouveau modèle de voiture – Saincené frères – avec une prise pour les gaz d’échappement fait pour faciliter l’assassinat et une trappe pour éjecter le flacon d’éther après usage (et éliminer les soupçons). 

 

« Saint Nazi » (Alojzije Viktor Stepinac, en fait : béatifié) : archevêque de Zagreb de 1937 à 1960 et cardinal, condamné par les autorités yougoslaves pour avoir collaboré avec les Oustachis et pour avoir été impliqué dans les atrocités commises en Croatie pendant la Seconde guerre mondiale en approuvant la conversion forcée de serbes-orthodoxes. Il est béatifié par l’Église catholique en 1998. 

 

Schrameck (Olivier) : directeur de cabinet de Lionel Jospin, il publie en octobre 2001 un livre à charges, dressant le procès de la cohabitation : Matignon Rive Gauche. Ce livre est considéré par les membres de l’opposition comme une déclaration de guerre à Jacques Chirac. 

 

Schwartzenberg (Léon) : cancérologue. En 1977, alors que le cancer n’était évoqué que comme « une longue et douloureuse maladie », il publie Changer la Mort, où il plaide en faveur de la vérité au malade, en toutes circonstances. Cette année là, il prend la défense du droit de mourir dignement et lance le débat sur l’euthanasie, qu’il défend dans Requiem pour la vie (1985). En 1991, l’Ordre des Médecins le suspend d’exercice pour un an pour avoir révélé dans la presse, en 1987, l’euthanasie qu’il avait apportée à un malade incurable. En 1993, le Conseil d’État annule cette décision. Il doit démissionner de son poste de ministre délégué à la Santé (29 juin-7 juillet 1988, 9 jours, un record de brièveté) du premier gouvernement de Michel Rocard pour avoir proposé publiquement un dépistage systématique du sida chez les femmes enceintes et pour ses positions libérales sur la lutte contre la drogue : il prend position en faveur de la légalisation, de la mise en vente libre de la drogue, sous le contrôle de l’État, afin de barrer la route aux trafiquants. Il publie en 1994, le livre Face à la détresse, s’engageant auprès des « sans-papiers » et des mal-logés. Ami de Gébé, il apparaît dans Les Colonnes au cœur d’une polémique pour ses prises de position en faveur de la Corrida. 

 

Seguin (Philippe) : Homme politique nuisible sans grand intérêt et désormais retiré que Gébé utilise dans Les Colonnespour représenter les hommes politiques nuisibles sans grand intérêt. 

 

Seillière (Ernest-Antoine) : Connu en France sous le titre de baron, sans toutefois avoir obtenu d’autorisation de port en France dudit titre par décret du président de la République française. Vice-président du CNPF et membre du Conseil exécutif de 1988 à 1997, président de la commission économique du CNPF de 1988 à 1994, il prend la présidence du CNPF à la succession de Jean Gandois en décembre 1997, après la démission de ce dernier à l’approche de la mise en place des 35 heures par le gouvernement socialiste. C’est sous sa direction que le syndicat patronal, qu’il anime alors avec Denis Kessler, change de nom pour MEDEF. Il se retire après sept années de présence, et Laurence Parisot lui succède le 5 juillet 2005. 

 

Sida : Nom d’un ensemble de symptômes consécutifs à la destruction de plusieurs cellules du système immunitaire par un rétrovirus. Le sida est le dernier stade de l’infection par ce virus et finit par la mort de l’organisme infecté des suites de maladies opportunistes. Une pandémie s’est développé à partir de la fin des années 1970, faisant de cette maladie un des plus graves problèmes sanitaires mondiaux. Il existe plusieurs théories sur l’origine du sida, mais il est communément admis que le VIH-1 est une mutation du VIS. Ce dernier infecte notamment les chimpanzés Pan troglodytes, qui sont des porteurs sains. La transmission chez l’homme a été rendue possible par une mutation du virus. Les études scientifiques ont suggéré que le virus serait apparu initialement en Afrique de l’Ouest, mais il est possible qu’il y ait eu plusieurs sources initiales distinctes. Le premier échantillon recensé du VIH fut recueilli en 1959 à Léopoldville (aujourd’hui Kinshasa), dans l’actuelle République démocratique du Congo. Parmi les premiers échantillons recueillis, on compte également le cas d’un Américain homosexuel en 1969 et d’un marin hétérosexuel norvégien en 1976. Il y a eu de 1981 à 2006 environ 25 millions de morts dues aux maladies en rapport avec le sida. Les principales victimes sont actuellement les habitants des pays en voie de développement. 

 

SNCF (Sandwich) : symbole de la bouffe épouvantable généralement servie dans les trains pour des raisons échappant à l’intelligence du plus grand nombre. 

 

Suard (Pierre) : homme d’affaires français. Balladur le choisit en 1986 pour privatiser la Compagnie Générale d’Électricité dans laquelle il était entré en 1973. Il devient le PDG du groupe qui, privatisé en 1987, devient en 1991 Alcatel Alsthom, et sera renommé en 1998 Alcatel. C’est sous son impulsion que seront développés les premiers centraux téléphoniques numériques, que l’activité des câbles de fibres optiques sera développée et qu’ITT sera rachetée. Il s’intéresse également aux médias, en contrôlant notamment Le Point et L’Express. Mis en examen pour « recel d’escroquerie » le 4 juillet 1994 dans une affaire de « surfacturation » pour un montant de 675 millions de francs, au détriment de France Télécom, son principal client. Mis en examen pour « abus de biens sociaux » le 10 mars 1995 pour avoir, craignant d’être pris pour cible par les terroristes d’Action directe, fait installer par des filiales de construction de son groupe pour 3 millions de francs de systèmes de sécurité dans ses logements successifs. Il est placé sous contrôle judiciaire, ce qui lui interdit de continuer à diriger le groupe, qu’il est obligé de quitter en juin. Serge Tchuruk lui succède ; Pierre Suard l’accusera de l’avoir poussé vers la porte et d’avoir précipité la prise en compte de certaines provisions pour déconsidérer sa gestion, et obtenir par la suite des résultats comptables artificiellement améliorés. Le 6 mai 1997, Pierre Suard est condamné en première instance à trois ans de prison avec sursis et à deux millions de francs d’amende par le Tribunal correctionnel d’Evry. Le 4 juin 2006, il bénéficie d’un non-lieu devant la même juridiction pour les surfacturations au détriment de France Télécom. Il bénéficie en mars 2008 d’un deuxième non-lieu devant la même juridiction, pour son « abus de biens sociaux ». 

 

Tapie (Bernard) : Businessman marron, homme politique tordu, animateur de télévision et acteur pathétique. En tant que businessman, il a fait la une en achetant, puis en vendant Adidas, opérations suivies d’une importante poursuite au civil. Il fait également l’acquisition du groupe de piles électriques Leclanché/Wonder pour la revendre après son redressement à Ralston Energy Systems. Habilement, il exige que les licenciements aient lieu avant son rachat de l’entreprise, pour que son image ne soit pas altérée par ceux-ci. Parallèlement il fait des disques avec Didier Barbelivien : Réussir sa vie en 1985 et Je t’interdis en 1986. Il revient à la variété en 1998 avec Doc Gynéco dans le single pré-droite décomplexée C’est beau la vie. Président de l’OM de 1986 à 1994, il est condamné à huit mois de prison ferme pour avoir fait corrompre des joueurs du club de Valenciennes. En juin 1994, il est la tête de liste des radicaux de gauche aux élections européennes, avec l’aval en sous-main du président François Mitterrand, pour mieux torpiller Michel Rocard. L’opération réussit : ce dernier arrive deuxième, mais avec seulement 14,49% des voix, alors que la liste de Bernard Tapie arrive cinquième avec 12,03%. Il a joué dans un film de Claude Lelouch en 1996 et dans la série policière télévisée Commissaire Valence où il interprète le rôle-titre. Le 5 avril 2007, Bernard Tapie a apporté son soutien à Nicolas Sarkozy, candidat de l’UMP, soutien pour lequel il vient d’être grassement récompensé (400 millions d’Euros) dans un rare déni de justice et aux frais du contribuable. 

 

Tchetchenie (Guerre pour l’Indépendance) : À la suite des expulsions de dizaine de milliers de résidents d’origine non-musulmane de Tchétchénie, l’armée russe réplique en 1994 par une attaque surprise avec 20000 soldats sous le commandement de Boris Eltsine, plus grande opération militaire organisée par Moscou depuis son intervention en Afghanistan en 1979. La guerre s’avère un échec militaire et humanitaire pour la Russie, provoquant d’énormes pertes humaines. Un accord de paix est signé le 31 août 1996 à Khassaviourt, laissant à la Tchétchénie une autonomie gouvernementale en échange d’une promesse du report des pourparlers sur l’indépendance. En janvier 1997, Eltsine autorise des élections présidentielles en Tchétchénie. Maskhadov est élu avec 54 % mais il n’arrive pas à maîtriser ses chefs de guerre qui réclament l’instauration d’un Caucase islamique destiné à regrouper toutes les républiques voisines. Les éléments les plus radicaux commettent alors des attentats terroristes non seulement contre les troupes russes, mais aussi contre les populations civiles des républiques autonomes et des régions russes limitrophes. À cela s’ajoutent les incursions des troupes de Chamil Bassaïev dans la République du Daghestan. Pour rétablir l’ordre, l’armée russe intervient une fois encore dans la république séparatiste avec 80 000 hommes le 1er octobre 1999. Vladimir Poutine rétablit l’autorité de Moscou dans la totalité du territoire de la République. Selon les organisations non-gouvernementales, le nombre de civils qui ont péri pendant les 2 guerres est estimé entre 100 000 et 300 000.

 

Télémarketing : Action de terrain et de contact visant tant la génération de variables quantitatives (chiffres) que de résultats qualitatifs (idées) utiles à l’entreprise, le télémarketing comprend l’ensemble des techniques de communication interpersonnelle qui sont à même de créer, de consolider ou de renseigner la relation humaine distante. Il forme désormais un outil stratégique, intégré dès l’amont aux grandes étapes de structuration et de mise en œuvre du projet commercial. Le caractère nettement casse-pieds de cette tâche ne l’empêche pas de proliférer dans notre société où il faut parfois faire cesser leurs interventions téléphoniques intempestives et insistantes par des paroles déplaisantes. 

 

Teletubbies : série télévisée psychédélique britannique diffusée entre le 31 mars 1997 et le 5 janvier 2001 sur le réseau BBC et, en France, sur Canal+. Cette série destinée aux très jeunes enfants (de 0 à 2 ans) met en scène les aventures de quatre personnages possédant une télévision sur le ventre qui leur permet de capter des émissions pour enfants. Ils vivent à Télétubbyland, dans un dôme futuriste situé au milieu de pelouses peuplées de lapins et de périscopes qui parlent. Depuis quelques années, une controverse accuse les Télétubbies d’avoir des tendances homosexuelles. Aux États-Unis, le conservateur chrétien Jerry Falwell accusa Tinky Winky d’être un « homosexuel révélé », entre autres, de par sa couleur mauve, associée au mouvement gay, et le fait qu’il traîne avec lui un sac à main.

 

Temple Solaire (Ordre du, Suicide) : secte auto-détruite très mystérieusement entre 1994 et 1997Fondée en 1984 à Genève par Joseph di Mambro, ancien rosicrucien proche des membres du SAC, et Luc Jouret, homéopathe et ancien maoïste. Enseignement hétéroclite qui affirme la primauté du spirituel sur le temporel et compte préparer l’humanité à une grande transition, etc. etc. Le 23 décembre 1995, 16 adeptes (dont 3 enfants) sont brûlés en France dans le massif du Vercors. Un an auparavant, au Canada et en Suisse, 53 autres adeptes étaient morts dans des circonstances similaires. Enfin, le 22 mars 1997, une dernière découverte dans les environs de Montréal porte à 74 le nombre de victimes. Privilégiant l’hypothèse du suicide collectif, les justices canadienne et suisse renoncent très vite à toute poursuite. En France, le chef d’orchestre Michel Tabachnik, seul fondateur de la secte encore vivant (di Mambro et Jouret étant morts dans les premiers « suicides »), est jugé pour association de malfaiteurs puis relaxé au bénéfice du doute. Officiellement, la thèse du suicide collectif prévaut, mais ces enquêtes sont émaillées d’incohérences et de contradictions. Plusieurs victimes ont été retrouvées les mains attachées dans le dos, un sac de plastique sur la tête. Deux policiers sont présents parmi les victimes et le juge d’instruction suisse a fait brûler la plupart des pièces à conviction. En outre, l’Ordre du Temple Solaire a visiblement servi de couverture à un vaste projet immobilier sur la côte d’Azur. Yann Piat, député Front National qui était intervenue pour s’opposer à la vente, était mystérieusement assassinée. Soupçonnés dans cet assassinat, les frères Saincené, anciens membres du SAC, seront rapidement « suicidés » dans leur garage. Dans leurs voitures, on retrouvera des caisses de brochures du Temple Solaire. Cerise sur le gâteau, le lendemain du massacre, Charles Pasqua reçoit une lettre de di Mambro à son « très cher Charlie » l’accusant d’avoir « délibérément voulu détruire notre ordre et d’en avoir fait une raison d’état ». Charles Pasqua a nié toute implication. 

 

Tibéri (Jean) : Maire du cinquième arrondissement de Paris pendant une petite éternité et de Paris pendant six ans (1995-2001). Au cours de sa carrière, Jean Tiberi et son épouse Xavière ont été impliqués dans des affaires politico-financières : mis en examen, en juin 1999, par le juge Halphen dans le cadre d’une enquête sur le contournement des procédures légales d’appel d’offres des marchés des HLM parisiens : l’enquête s’est achevée sur un non-lieu. Instruction toujours en cours dans l’Affaire des faux électeurs du cinquième arrondissement. 

 

Tuerie de Nanterre (La) : Le 27 mars 2002 à 1h15, à l’Hôtel de ville de Nanterre, au terme d’une séance du conseil municipal, un homme installé dans le public, Richard Durn, se lève, tue huit élus et en blesse 19 autres. Lors de son interrogatoire, le 28 mars 2002, Richard Durn se suicide en se défenestrant du quatrième étage de l’immeuble de la brigade criminelle, après être passé aux aveux. Ceux-ci sont confirmés par une lettre envoyée à une amie avant son passage à l’acte dans laquelle il décrit son projet : « ...puisque j’étais devenu un mort-vivant par ma seule volonté, je décidais d’en finir en tuant une mini élite locale qui était le symbole et qui étaient les leaders et décideurs dans une ville que j’ai toujours exécrée (…) Je vais devenir un serial killer, un forcené qui tue. Pourquoi ? Parce que le frustré que je suis ne veut pas mourir seul, alors que j’ai eu une vie de merde, je veux me sentir une fois puissant et libre ». Richard Durn était titulaire d’une maîtrise de sciences politiques et avait participé à des actions humanitaires en ex-Yougoslavie. Dans Les Colonnes, Gébé imagine le kit Richard Durn avec l’aide des fournisseurs Glock et Smith & Wesson.

 

Vache Folle (Crise de) : effondrement du marché de la viande bovine dû au sentiment d’inquiétude des consommateurs après l’épidémie d’encéphalopathie spongiforme bovine qui a touché les élevages européens à partir de 1986. Cette maladie est soupçonnée de transmettre à l’homme une variante de la maladie de Creutzfeldt-Jacob. À cette occasion, le public découvre que les bovins destinés à la consommation ne sont pas nourris uniquement d’herbe et de végétaux, mais également de compléments alimentaires d’origine minérale, de synthèse ou animale. 

 

Yougoslavie (Guerres de) : Série de conflits violents dans les territoires de l’ancienne République fédérale socialiste de Yougoslavie entre 1991 et 2001. Ces guerres opposèrent différents groupes ethniques ou nations de l’ex-Yougoslavie. Leurs causes sont politiques, économiques, culturelles, et ethniques. Ces guerres furent les plus meurtrières en Europe depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. On estime que le bilan se porte à 300 000 morts et environ 1 000 000 de personnes déplacées. « En 1991, nous explique Aleksandar Zograf, peu de temps avant le début de la décomposition de l’ex-Yougoslavie, la plupart des gens (moi inclus) ne croyaient pas possible un conflit de grande envergure ou une guerre civile dans notre pays. À cette époque un ami de Belgrade était à Londres pour interviewer John Peel. Je ne me souviens pas des mots exacts de Peel, mais à ce que mon ami m’a raconté, à la fin de l’interview, Peel s’est tourné vers lui et lui a dit : « Vous m’avez posé de nombreuses questions, puis-je vous en poser une à mon tour ? Que se passe-t-il dans votre pays ? Va-t-il y avoir une guerre ? » Mon ami lui répondit par la négative, mais John Peel ajouta quelque chose comme : « Faites attention. L’Occident interviendra, et ils ne connaissent rien aux Balkans. Ils feront les choses comme ça les arrange, dans le seul but de vous vendre davantage de réfrigérateurs… » Visiblement, plusieurs années après, mon ami, qui était né ici, avait tort ; et un DJ anglais – peut-être le meilleur, ceci dit – avait raison… Visiblement, plusieurs années après, mon ami, qui était né ici, avait tort ; et un DJ anglais – peut-être le meilleur, ceci dit – avait raison… À la mort de Tito en 1980, les problèmes ont graduellement commencé à grandir, jusqu’à prendre des proportions gigantesques. L’absence d’un leadership unifié était utilisé par politiciens locaux et opportunistes véreux dans différentes républiques fédérales pour amplifier leur influence locale. Après la chute du mur de Berlin, le bloc Est tombait en morceaux et ces pays entraient dans une phase de transition vers des sociétés de style occidental. Mais c’était différent pour la Yougoslavie. Sa séparation avec le monde soviétique datait de 1948. Le pays était partie prenante du Pacte de Non-Alignement que Tito avait fondé avec d’autres pays du tiers-monde. Et la Yougoslavie était une structure fragile et complexe, faite de différentes traditions culturelles, qui n’a pas été capable d’opérer sa transition d’une façon pacifique. Une fois qu’elle commença à se détruire, elle tomba dans un état de confusion et de désorientation, en particulier dans l’Est, qui était plus pauvre et composé de davantage de groupes ethniques. L’état de conflit était parfait pour les criminels locaux qui prirent graduellement davantage de pouvoir politique ; des personnalités comme celle de l’opportuniste sans pitié Milosevic se développèrent comme un cancer. Les Serbes étaient clairement les plus belliqueux et le sentiment que le monde entier était contre eux les rendit encore plus fous. Cela culmina lors de l’intervention de l’OTAN en 1999. L’administration américaine dirigea une opération de 78 jours de bombardement des villes serbes, qui ne fit qu’accentuer l’oppression du gouvernement serbe contre les Albanais du Kosovo. L’opération s’acheva avec le retrait du gouvernement serbe du Kosovo ; les américains implantèrent une base militaire et les Albanais prirent le contrôle de la province, commettant à leur tour des atrocités éthniques envers les Serbes comme les autres populations non-Albanaises. Misolevic tomba après la grève générale de 2000, alors que son pays était en progressive stabilisation. Voilà comment j’ai pu percevoir ces événements en tant que Serbe, et c’était bien plus sale, bien plus horrible, que ce que je ne puis en dire en quelques mots. Ah, et je ne peux m’empêcher de penser que les Occidentaux n’ont fait qu’empirer les choses… Condamnez-moi ! »